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L’Edito du Rezo — Michel Joseph Martelly : pourquoi ces « espèces » de dirigeants reviennent-elles toujours frapper à la porte d’une République meurtrie ?

— Michel Joseph Martelly : pourquoi ces « espèces » de dirigeants reviennent-elles toujours frapper à la porte d’une République meurtrie ? 22 octobre 2026 — Éditorial Michel Joseph Martelly. Encore Michel Joseph Martelly ! Pourquoi faut-il que la République retrouve toujours les mêmes

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22 octobre 2026
L’Edito du Rezo — Michel Joseph Martelly : pourquoi ces « espèces » de dirigeants reviennent-elles toujours frapper à la porte d’une République meurtrie ?
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L’Edito du Rezo — Michel Joseph Martelly : pourquoi ces « espèces » de dirigeants reviennent-elles toujours frapper à la porte d’une République meurtrie ?

  • by Rezo Nodwes
  • 22 octobre 2026
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— Michel Joseph Martelly : pourquoi ces « espèces » de dirigeants reviennent-elles toujours frapper à la porte d’une République meurtrie ?

Michel Joseph Martelly. Encore Michel Joseph Martelly ! Pourquoi faut-il que la République retrouve toujours les mêmes silhouettes devant sa porte, comme si le pouvoir constituait une rente et la présidence un droit de retour ? Son accession au Palais mérite elle-même d’être rappelée : les résultats provisoires du scrutin de novembre 2010 le plaçaient troisième, derrière Mirlande Manigat et Jude Célestin, donc hors du second tour. Après la mission d’expertise de l’Organisation des États américains et le contentieux électoral, le classement fut modifié, lui attribuant la deuxième place au détriment de Célestin. L’OEA consigne cette inversion dans son propre compte rendu. Cette qualification acquise après révision des résultats appelle un examen critique du rôle des interventions internationales. Qui tenait alors la plume du destin électoral haïtien ? Et pourquoi faudrait-il aujourd’hui accueillir ce passé comme une promesse neuve ?

Michel Joseph Martelly et PetroCaribe : la fanfare présidentielle s’est tue, mais les comptes restent sur la table. Son administration a bénéficié de ressources dont l’emploi exigeait des résultats mesurables et une traçabilité rigoureuse. Les rapports de la Cour supérieure des comptes, notamment celui de 2020, documentent des irrégularités dans la gestion des projets financés par ce mécanisme. Ils ne constituent pas une condamnation personnelle de l’ancien président et « chèf bandi legal » – une honte pour le pays – ; ils rendent cependant indispensable l’examen de son bilan. Quels ouvrages ont été livrés conformément aux marchés ? Quels paiements correspondent à des prestations vérifiées ? Qui doit répondre des engagements inexécutés ? Le ruban coupé devant les caméras ne vaut pas certificat de bonne gestion.

Michel Joseph Martelly : les sanctions internationales ont, elles aussi, une date et une signature. Le Canada l’a sanctionné le 17 novembre 2022. Le Trésor américain, le 20 août 2024, l’a accusé d’avoir facilité le trafic de cocaïne, blanchi des revenus illicites et soutenu plusieurs gangs haïtiens. Le Conseil de l’Union européenne, le 15 décembre 2025, lui a reproché d’avoir armé et financé des groupes criminels pour servir ses intérêts politiques et économiques. Ces mesures ne constituent pas des condamnations pénales ; elles s’inscrivent toutefois dans un contexte haïtien où l’impunité s’est érigée en système. Elles constituent néanmoins un passif politique auquel un prétendant à la magistrature suprême doit répondre autrement que par une opération de communication. Comment promettre de restaurer l’autorité publique sans apporter d’explications circonstanciées à des accusations aussi graves ? Le costume présidentiel aurait-il vocation à recouvrir tous les dossiers ?

Michel Joseph Martelly ne doit en aucun cas retrouver le pouvoir : c’est une exigence de responsabilité politique et de dignité publique. La place accordée à son épouse Sophia et à son fils aîné Olivier dans des programmes financés par l’État a alimenté des accusations de gestion illégale de fonds publics, formulées notamment par Me Newton Saint-Juste et contestées par Olivier Martelly. À ce passif s’ajoutent les propos envers une citoyenne de Miragoâne, dénoncés en 2015 par des organisations féministes comme une agression sexiste : quelle autorité morale peut revendiquer un dirigeant qui répond à une demande de comptes par l’humiliation d’une femme ? La parenté ne confère aucun mandat sur le Trésor ; la présidence n’autorise aucun mépris envers les citoyens.

Pourquoi Michel Joseph Martelly, encore Sweet Micky, toujours le « chè bandi legal » après les bandits illégaux, à la porte d’une République meurtrie depuis 2010 ? Par quel renversement des exigences démocratiques ces « espèces » de dirigeants peuvent-elles réclamer les clés d’un pays sans répondre de leur bilan ? Le Palais national n’est ni un patrimoine familial ni une scène de rappel pour un ancien président sanctionné pour son soutien présumé à des gangs. Le séisme du 12 janvier 2010 a éventré les villes ; la terreur armée déchire le tissu national et frappe des populations déjà condamnées aux marges. Combien de blessures faudrait-il encore à Haïti pour que le retour de ces hommes cesse d’être présenté comme une issue ?

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