1. Booster le monde à Kinshasa
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Depuis Toulouse, un inconnu envoie une enveloppe anonyme à Jack Souvant. Celle-ci contient un billet d'avion pour Kinshasa, et un mot : "Musique". Pour cette première étape du périple, les rencontres s'enchaînent rapidement dans les rues de Matonge et de Lemba. Ici, la musique résonne partout : des airs de guitares fabriquées avec des câbles de frein, à l'atelier du luthier légendaire de Papa Wemba, Jack s'immisce sans trop savoir pourquoi dans l'effervescence musicale de la capitale de République démocratique du Congo.
À Matonge, Héros le taxi lui explique Kinshasa en quinze minutes
Pas de pancarte, pas de guide. Jack Souvant débarque seul à l'aéroport de Kinshasa en quête de réponse. Héros, chauffeur de taxi, le dépose à Matonge - commune de Molokaï, quartier mythique de la capitale congolaise - en lui dressant sur le chemin le portrait de la ville. À Kinshasa, la philosophie tient en deux mots : "même moral". On sort les poches vides, on sait que l'on rentrera avec quelque chose. Et ce "quelque chose", le secret qu'abrite cette enveloppe, Jack ne l'a pas encore identifié...
Ngwaka Son Système : des guitares fabriquées à partir des déchets de Kinshasa
Alors Jack se concentre sur son seul indice, "Musique", lorsqu’un homme recouvert de canettes d'aluminium bruyantes traverse les rues de Matonge. Intrigué, Jack le suit jusqu'à une cour intérieure.
C'est là qu'il rencontre le groupe Ngwaka Son Système. Love Lokombe, directeur du groupe, fabrique tous ses instruments à partir de ce qu'il récupère dans la rue - filtres à air, tuyaux PVC, câbles de frein en guise de cordes. Leur musique, Love Lokombe l'appelle "graffiti", improvisée et jamais répétée à l’identique.
À Lemba, Sonor et le luthier Socklo
C'est dans le quartier de Lemba - celui des intellectuels - que Jack poursuit sa route. Après tout, sa quête est guidée par la musique, et c'est dans ce quartier que Koffi Olomidé, Rosny Kayiba ou encore Jean Goubald Kalala, star de la rumba avec "Bombe anatomique", ont fait leurs premiers pas. Jack y rencontre Sonor, leader du groupe Ba Nkosi et inventeur du Malinga-rock, fusion entre rumba congolaise et rock. Ce qui le pousse à créer ? Sa volonté de "booster le monde".
La musique à Kinshasa c'est un peu comme le football au Brésil ou le cinéma à Hollywood, c'est tellement vaste. - Jack Souvant.
Mais Jack n'en oublie pas pour autant sa quête. Et lorsqu'il partage ce mystère à ses interlocuteurs, ils lui proposent de rencontrer l'un des piliers de l'ombre de la musique congolaise. Celui que l'on surnomme "le génie" : Socklo. Ce luthier est à l'œuvre depuis 1978, et a notamment fabriqué les guitares de Papa Wemba, Koffi Olomidé ou encore Jupiter Bokondji. Si Jack devait rencontrer quelqu'un à Kinshasa, c'est bien lui...
Au Grand Tambour, l'Orchestre symphonique kimbanguiste et le mausolée de Lumumba
Un soir, Jack assiste à un concert de l'Orchestre symphonique kimbanguiste au Centre Culturel et Artistique pour les pays d'Afrique Centrale, surnommé le Grand Tambour. La rencontre avec son directeur, le cinéaste Balufu Bakupa-Kanyinda, est l'occasion pour Jack de mieux comprendre le pouvoir de la musique congolaise, sa diversité et ses vertus.
On est au cœur d'une ville qui est d'abord perçue comme un lieu de musique, mais qui est aussi une ville de bruits. Est-ce que le bruit c'est de la musique, est-ce que la musique c'est du bruit ? C'est la question que Kinshasa pose. - Balufu Bakupa-Kanyinda, Directeur du Centre Culturel et Artistique pour les pays d'Afrique Centrale.
Lorsque Jack évoque sa mystérieuse quête à Balufu Bakupa-Kanyinda, l'intellectuel congolais l'oriente tout naturellement vers le père de l’indépendance congolaise : Patrice Lumumba. Balufu Bakupa-Kanyinda a dirigé le rapatriement de ses restes et accueilli en 2022 la restitution par la Belgique de la dent du Premier ministre congolais assassiné en 1961. Selon lui, la solution se situe du côté de son mausolée...
C'est là que le mystère s'épaissit encore un peu plus : alors que Jack pense enfin tenir une piste sérieuse en se rendant au pied du mausolée du héros national, place de la Reconstruction, un inconnu surgit, et lui remet une nouvelle enveloppe.
À l'intérieur : un billet d'avion pour la Nouvelle Orléans.
Et un seul mot : Musique.
Une série écrite et présentée par Jack Souvant, coréalisée par Simon Decreuze, d’après une idée originale de Guillaume Ajavon.
Musique originale de Benjamin Moussay.
En partenariat avec l’UNESCO et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères.
Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.
Un merci tout particulier à la ville de Kinshasa pour son aide.
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