“On dirait Marbella le 15 août !” s’exclame une grand-mère. Le canal Saint-Martin est une immense piscine où barbotent des centaines de corps en ébullition. Des ados sautent des ponts, des gamins dérivent sur des canards gonflables, des nageurs font des longueurs. Sur les quais bondés, en maillot de bain ou même en slip, on croque des chips en jouant aux cartes. Victoire et Charles, 25 et 27 ans, ont piqué une tête. “C’est génial, on devrait importer ça à Bruxelles au canal”, lancent ces deux Belges de passage. Évidemment, le réchauffement climatique leur pose question. “Mais pour l’instant, c’est la joie d’être ensemble qui domine”, s’enthousiasme la jeune femme.

Le thermomètre affiche 40 degrés. Alors, depuis que la mairie a autorisé la baignade, plus rien ne retient les Parisiens. Ni la qualité de l’eau, qui suscitait encore des réticences lors des Jeux olympiques, en 2024. Ni ces images, sur les réseaux, montrant des éboueurs poussant les détritus dans l’eau après la fête de la Musique. Ni cette recommandation de la municipalité de ne pas s’aventurer n’importe où : “Malgré les coupes réalisées par le service des canaux, les plantes aquatiques peuvent s’enrouler autour des corps des baigneurs et les retenir au fond de l’eau.” Tout, plutôt que de se consumer sur le bitume. Sau