LETTRE DE RIO DE JANEIRO
C’est l’un des nombreux atouts qui fait qu’on l’appelle la Ville Merveilleuse. En plein cœur de Rio de Janeiro, les 3 953 hectares de la forêt de Tijuca, un des plus grands espaces boisés urbains au monde, fournissent verdure, calme et rafraîchissement aux cariocas. Théâtre de plusieurs contes et légendes, elle doit aussi son existence à une histoire bien réelle : celle de Maria, Constantino, Clemente, Eleutherio, Leopoldo, Manoel, Matheus, Sabino, Macario, Antonio et Francisco, les onze personnes réduites en esclavage qui la replantèrent.
Car il y a encore moins de 200 ans, la forêt de Tijuca était bien différente du parc national luxuriant qu’elle est aujourd’hui. En plein boom du café, les grands propriétaires terriens déforestent à tour de bras pour planter cette graine venue d’Afrique, qui fait la prospérité du jeune empire brésilien. Sa capitale, Rio de Janeiro, en abrite alors les plus grandes fazendas, comprenant des étendues allant jusqu’à 50 000 pieds de café, dont bon nombre sont établies au beau milieu de la forêt de Tijuca.
« Depuis la fondation de la ville, en 1565, ce sont les forêts qui fournissent les ressources dont la population a besoin : bois de chauffe et de construction, charbon, eau…, explique Gabriel Paes da Silva Sales, professeur à l’Université Pontificale Catholique de Rio de Janeiro (PUC-Rio). Dès le début, la ville a eu à composer avec des difficultés d’approvisionnement en eau. Avec le temps, l’expansion urbaine et la hausse de la population, ce problème est devenu de plus en plus central. »
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