Dans le dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse, le juge d’instruction Merlan Bélabre Cyprien a délivré plusieurs mandats visant notamment des personnes résidant à l’étranger. Cette démarche soulève une question essentielle, si la justice estime disposer d’éléments sérieux, pourquoi ne pas engager clairement les mécanismes judiciaires internationaux appropriés ?
Demander à la DCPJ de solliciter l’appui d’Interpol peut contribuer à localiser une personne recherchée ou à diffuser une alerte policière. Mais Interpol n’est ni une cour de justice ni une force d’arrestation autonome. Son intervention dépend des États membres, de leurs lois et surtout de dossiers juridiquement solides.
Lorsqu’un suspect se trouve hors d’Haïti, une demande d’extradition correctement préparée fondée sur un mandat valide, des faits précis, des pièces de procédure et les accords applicables paraît indispensable. Sans elle, l’annonce de mandats risque de ressembler davantage à une démonstration médiatique qu’à une stratégie efficace pour obtenir la comparution des personnes concernées.
Le juge Cyprien a-t-il déjà transmis les dossiers nécessaires aux autorités compétentes ? Les pays concernés ont-ils été saisis officiellement ? Dans une affaire aussi grave, la justice ne peut pas se contenter de symboles, elle doit produire des actes vérifiables, respectueux des droits de chacun et capables d’aboutir.
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