LETTRE DE MEXICO
Que le Mexique soit l’un des pays les plus inégalitaires de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) n’est pas une nouveauté. Près de 30 % de la population vit en situation de pauvreté et 5 % en extrême pauvreté, selon les chiffres officiels du gouvernement. A l’autre bout de l’échiquier social, le pays compte 22 milliardaires – dont Carlos Slim, l’homme le plus riche d’Amérique latine – et près de 400 000 millionnaires, selon l’organisation internationale Oxfam. Et la fortune de ces ultrariches a crû à un rythme bien supérieur à celui de l’économie ces trente dernières années.
Ce qui change au Mexique, c’est que les inégalités sont de moins en moins bien acceptées, au point que la société civile demande aujourd’hui à la présidente, Claudia Sheinbaum, de mettre en place une réforme fiscale. « Non seulement il n’existe pas d’impôt sur la fortune, mais en plus le patrimoine des plus riches est très peu taxé, explique Alexandra Haas, directrice d’Oxfam au Mexique. L’impôt sur les successions et les dons a été supprimé dans les années 1950, mais, en revanche, il existe toujours toute une série d’exemptions fiscales, considérées comme des droits acquis, qui ne bénéficient qu’aux plus aisés et aux grandes entreprises. »
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