Il faudra encore plusieurs semaines avant que les derniers procès-verbaux contestés soient officiellement validés, mais il est d’ores et déjà certain que Keiko Fujimori deviendra la prochaine présidente du Pérou, après trois tentatives infructueuses. La candidate conservatrice s’est imposée avec moins d’un point d’avance sur son adversaire de gauche, Roberto Sánchez. Pour la troisième fois de suite, la présidentielle s’est jouée au coude-à-coude, et la nouvelle présidente héritera d’un pays divisé politiquement, mais aussi géographiquement. Un pays aux institutions affaiblies, en partie par son propre camp.

Là où l’éventuelle victoire de Sánchez faisait craindre un regain d’instabilité politique et économique, celle de Fujimori implique d’autres risques, mais ouvre également des perspectives économiques. Son élection assure la poursuite du modèle libéral mis en place par son père, Alberto, dans les années 1990 – qui s’est avéré bénéfique pour le pays. Durant cette période, le Pérou a affiché l’une des plus fortes croissances d’Amérique latine ; le sol est l’une des devises les plus stables de la région.

La promesse de rétablir l’ordre

Keiko Fujimori s’est engagée à confier les rênes de l’économie à une équipe de technocrates. Luis Carranza, pressenti au ministère de l’Économie,