La marge de manœuvre s’annonçait étroite, et les premières annonces budgétaires du gouvernement d’Andy Burnham, mercredi 28 octobre, ont confirmé que les « tempêtes économiques mondiales » évoquées par le ministre britannique des finances, John Healey, devant le Parlement, restreignaient fortement la latitude des travaillistes.
S’il a tenu à présenter les mesures comme « une bouffée d’oxygène donnée aux travailleurs britanniques », le chancelier de l’Echiquier s’est surtout employé à justifier ses choix par la situation géopolitique mondiale et ses impacts sur l’économie.
« La guerre au Proche-Orient [déclenchée en février par l’attaque des Etats-Unis et d’Israël sur l’Iran], que nous n’avons pas voulue, a fait grimper l’inflation. » Celle-ci devrait s’établir à 3,1 % en 2026 selon les estimations de l’Office for Budget Responsibility (OBR), l’organisme britannique chargé de la surveillance des finances publiques, qui l’envisageait à seulement 2,3 % en début d’année ; et à 3,75 % en 2027.
Comme les autres pays du G7, le Royaume-Uni a aussi vu la somme consacrée aux intérêts de sa dette – qui représente 94 % du produit intérieur brut (PIB) –, fortement augmenter, grevant d’autant les dépenses de soutien à l’économie. « Nous dépenserons 14 milliards de livres [16,7 milliards d’euros] de plus cette année » sur ce poste, a reconnu M. Healey. Il a néanmoins mis en avant une forme de « résilience » de l’économie britannique, précisant que la croissance, en 2026, sera un peu meilleure qu’anticipée : 1,2 % contre 1,1 % prévu. En revanche, les prévisions se dégradent en 2027, avec une croissance tombant à 1 %.
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