En Bolivie, la police a arrêté samedi 4 juillet le principal dirigeant d’une organisation paysanne à l’origine des manifestations antigouvernementales qui ont récemment provoqué des pénuries dans plusieurs villes du pays, a annoncé le parquet.
Vicente Salazar, à la tête de la puissante fédération paysanne Tupac Katari, a été arrêté dans le cadre d’une enquête à la suite d’une plainte déposée par le gouvernement de Rodrigo Paz contre les organisateurs de barrages routiers ayant provoqué des pénuries de médicaments, denrées alimentaires et carburants. Pendant plus de sept semaines, en mai et juin, des syndicats, des groupes indigènes et des cultivateurs de coca ont multiplié manifestations et blocages routiers pour réclamer la démission de M. Paz sur fond de crise économique, la plus grave depuis 40 ans.
L’enquête visant M. Salazar porte notamment « sur les infractions présumées d’incitation publique à commettre un délit, d’association de malfaiteurs » et de « terrorisme », a indiqué le parquet dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP). Vicente Salazar avait déjà été arrêté en juin lors des manifestations auxquelles avaient aussi participé des groupes liés à l’ancien président socialiste Evo Morales (2006-2019).
L’ancien président Evo Morales accusé
Le président a mis fin aux blocages après avoir décrété l’état d’exception. Son gouvernement estime que les barrages routiers – jusqu’à une centaine au pic de la contestation – ont causé trois milliards de dollars de pertes. La Paz, la ville voisine d’El Alto et d’autres localités ont souffert d’une grave pénurie de produits de première nécessité. Le chef de l’Etat a accusé l’ancien président Evo Morales d’être à l’origine de ces mobilisations, dont l’objectif, a-t-il jugé, était de « perturber l’ordre démocratique ».
Outre l’enquête menée par le gouvernement, le dirigeant Vicente Salazar fait l’objet d’accusations émanant d’autres groupes, notamment une plainte déposée la semaine dernière auprès du parquet par des entrepreneurs et des dirigeants de droite de la région agricole de Santa Cruz.
L’organisation du Comité civique de Santa Cruz accuse ainsi Vicente Salazar, un autre dirigeant syndical et l’ancien président Evo Morales de « terrorisme », et demande un mandat d’arrêt à leur encontre. Evo Morales rejette ces accusations. L’ancien président se trouve depuis fin 2024 dans la région de culture de la coca du Chapare, refusant de se soumettre à un mandat d’arrêt émis contre lui dans une affaire de traite présumée de mineure qu’il nie.