La Corée du Nord et l’Afghanistan étaient jusqu’à présent les seuls pays du monde à ne pas avoir de relations diplomatiques avec la France. A leurs côtés, il y a désormais le Burkina Faso. La junte du capitaine Ibrahim Traoré a annoncé, vendredi 26 juin, la rupture de ses liens avec Paris en raison de son « activisme incessant » contre ses « intérêts » et de ses « ambitions néocoloniales affichées ». Selon plusieurs sources françaises, cette décision a été prise en raison de l’adoption, le 18 juin, par le Parlement européen, d’une résolution dénonçant la « répression de l’espace civique et des libertés fondamentales » dans le pays sahélien. Un texte porté par l’eurodéputé (Les Républicains) et général français Christophe Gomart, ancien directeur du renseignement militaire.
Depuis que le capitaine Traoré a pris le pouvoir à Ouagadougou par un putsch, en septembre 2022, ses relations avec l’ancienne puissance coloniale sont exécrables. Le chef de la junte, qui a instauré une « révolution progressiste et populaire » et réprime sévèrement toute opposition, mène une politique souverainiste et hostile à la France, qu’il accuse ouvertement de complot à son égard. Après avoir demandé le renvoi de l’ambassadeur français, fin décembre 2022, il a contraint au départ les quelque 400 membres des forces spéciales basées dans son pays, en février 2023.
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