Et si la France copiait l’Espagne ? C’est en tout cas ce que suggère le parti écologiste français (LE), qui, en cette période de canicule, propose de créer un “congé climatique” de cinq jours, payé par l’État, pour permettre aux salariés de ne pas se rendre au travail en cas d’alerte rouge météo. Une idée qui s’inspire d’une mesure adoptée en 2024 de l’autre côté des Pyrénées.
Que dit la loi espagnole à propos du congé climatique ?
En Espagne, la loi reconnaît aux travailleurs le droit de s’absenter jusqu’à quatre jours, “tout en conservant l’intégralité de leurs salaires”, lorsqu’ils sont confrontés à “une situation de danger grave et imminent consécutive à des conditions météorologiques difficiles”, explique le journal régional Heraldo de Aragón, dans le nord-est du pays. Pensé au départ pour “des épisodes comme les inondations, les chutes de neige ou les tempêtes”, le congé climatique s’avère aussi utile en cas de chaleur extrême, précise le site du journal gratuit 20 Minutos.
Le travailleur ne peut néanmoins pas poser de jours “à chaque fois que les températures augmentent”, tempère Heraldo de Aragón. Pour qu’il puisse faire valoir son droit, le salarié doit être confronté à “une situation qui représente un risque réel pour son intégrité physique ou qui l’empêche de se rendre sur son lieu de travail”. De plus, les autorités compétentes, à l’image de l’agence météorologique espagnole (Aemet), doivent avoir émis un avis officiel quant à la “gravité” du phénomène météorologique en cours.
C’est le cas en cette fin du mois de juin, puisqu’une vague de chaleur a contraint l’Aemet à placer plusieurs régions autonomes en état d’alerte, note le média d’affaires ElEconomista.es. Ce contexte météorologique, insiste le site d’information économique, oblige notamment à “porter attention aux conditions de travail des salariés qui exercent leur activité professionnelle à l’air libre”.
Pourquoi l’Espagne l’a-t-elle créé ?
Le congé climatique en Espagne a été instauré par décret royal en novembre 2024, sous l’impulsion du ministère du Travail, dirigé par la communiste Yolanda Díaz. Elle expliquait à l’époque s’inspirer elle-même d’une législation en vigueur au Canada.
Un mois plus tôt, le 29 octobre 2024, de terribles inondations avaient ravagé une partie de l’est et du sud du pays, en particulier la région de Valence. La responsabilité des autorités locales avait été directement pointée du doigt, dans la mesure où elles n’ont pas prévenu à temps leurs administrés du danger imminent. Alors que les eaux et la boue engloutissaient tout sur leur passage, nombre de victimes se trouvaient sur leur lieu de travail ou sur le chemin du retour à la maison.
Le message de la loi espagnole sur le congé climatique est clair, salue 20 Minutos : “Aucun travailleur ne doit être contraint de choisir entre préserver sa santé et conserver son salaire.”
Comment les entreprises s’adaptent-elles ?
“Lorsque des alertes orange ou rouges sont déclenchées pour cause de températures extrêmes, les entreprises doivent redoubler de prudence et évaluer la possibilité de maintenir l’activité professionnelle dans des conditions normales”, enchaîne Heraldo de Aragón.
Sinon, elles doivent ajuster les conditions de travail de leurs employés, par exemple en réorganisant les horaires “afin d’éviter les heures les plus chaudes de la journée”, en suspendant temporairement des tâches “particulièrement exigeantes d’un point de vue physique” ou en mettant à disposition de l’eau potable “en quantité suffisante”, liste le journal.
“La réglementation est particulièrement stricte en cas d’alerte météo maximale”, prévient le Heraldo de Aragón, et les entreprises s’exposent à des “sanctions administratives” en cas de non-respect de ces obligations. Selon le grand quotidien espagnol El País, “en trois ans”, le montant des amendes infligées par l’inspection du travail espagnole aux entreprises pour des infractions liées à la chaleur a plus que doublé, passant de “706 000 euros à l’été 2022 à 1,56 million d’euros à l’été 2025”.
Qu’est-ce que le virus Ebola, qui sévit de nouveau en RDC ?
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !