« C’est une belle référence. » Deux semaines après avoir remporté l’emblématique contrat d’analyses de données auprès de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à la suite de l’américain Palantir, Olivier Dellenbach, le PDG et fondateur de l’entreprise de logiciels ChapsVision, apprécie mais avec mesure. Car si le premier ministre, Sébastien Lecornu, qui a lui-même annoncé cette décision, le 16 juin, y voit la volonté de la France de ne plus accepter « de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique », le dirigeant, lui, ne veut pas résumer ce choix à une affaire de souveraineté.
« On utilise ce mot un peu à tort et à travers. Pour moi, être souverain, c’est avant tout avoir l’option de choisir », explique-t-il au Monde. Sous-entendu, sa société n’a pas été retenue seulement parce qu’elle est française mais parce que sa technologie a fait ses preuves.
La nationalité était néanmoins un critère essentiel dans le choix. Seules les entreprises tricolores avaient le droit de concourir à l’appel d’offres lancé fin 2021 par la DGSI, excluant de fait Palantir. Objectif : faire émerger un logiciel français capable de traiter et de croiser des milliards de données (interceptions téléphoniques, messageries, réseaux sociaux, localisations, mouvements bancaires…) à disposition de la DGSI afin de prévenir des menaces terroristes.
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