Le Paraguayen Miguel Almirón est entré “dans l’histoire du mondial”, vendredi 19 juin, clame le quotidien sportif As, à Madrid. L’expérimenté milieu de terrain a reçu un carton rouge, en toute fin de première mi-temps du match entre son pays et la Turquie, pour une raison inédite :

“Il s’est adressé à un adversaire avec la main devant la bouche.”

Ancien joueur de Newcastle, en Angleterre, Almirón “a inauguré la ‘règle Vinicius’”, détaille le journal espagnol Marca. Ajoutée aux lois du jeu juste peu avant le début de la Coupe du monde en Amérique du Nord, cette sanction “fait suite à l’énorme polémique survenue pendant le match de Ligue des Champions entre le Real Madrid et Benfica” au mois de février dernier. Visage partiellement dissimulé sous le haut de son maillot, Gianluca Prestianni (Benfica) avait alors proféré des insultes qualifiées de racistes par le Brésilien Vinicius (Real Madrid). L’Argentin, finalement suspendu deux matches par les instances pour comportement homophobe, “s’était caché la bouche pour ne pas que ses propos soient détectables par l’arbitrage vidéo ni d’une quelconque autre manière”, explicite le quotidien sportif.

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Surprise générale

Pour éviter tout nouvel incident de ce type, “les joueurs n’ont plus le droit de couvrir leurs lèvres pendant des échanges houleux avec un adversaire, sous peine de recevoir un carton rouge”, indique The Daily Telegraph. “La pratique, répandue [en particulier lors de conversations tactiques entre coéquipiers], est toujours autorisée si la discussion est courtoise, mais au moindre signe de tension, l’expulsion peut être prononcée.” Vendredi, l’exclusion d’Almirón, entérinée par l’arbitre Ivan Barton après intervention de la VAR, est justement intervenue en marge d’une altercation entre joueurs.

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“Miggy”, comme le surnomment ses compatriotes, “a commis un geste strictement interdit dans le football d’aujourd’hui”, ironise le quotidien paraguayen La Nación, forcément un brin partial. “La règle est stupide”, insiste le journal édité dans la capitale Asunción. “Tout le monde a été surpris de la décision, du terrain aux tribunes en passant par le banc de touche et les téléspectateurs”, observe Clarín, en Argentine. “Personne n’imaginait qu’une sanction intervienne aussi rapidement, et sur un joueur aussi expérimenté”, ajoute le journal de Buenos Aires, qui préfère parler d’application de la “règle Prestianni”. “Almirón a fait preuve de naïveté, pour ne pas utiliser un autre terme”, admet La Nación.

Effet dissuasif

“L’expulsion paraît tout à fait justifiée”, rétorque The Guardian, à Londres. “Qu’importe ce qui a été dit [par Almirón] dans ce cas précis, la règle a été créée pour une raison claire.” Cette grande première “servira peut-être de rappel aux autres”, acquiesce le site sportif The Athletic.

“Personne ne veut sortir par la petite porte, pendant la plus grande compétition au monde, en raison d’une méconnaissance des règles. En ce sens, l’effet dissuasif peut être utile bien que cette règle ne résoudra pas à elle seule le problème plus large du racisme et de l’homophobie dans le football.”

La Turquie muette

Réduit à dix pendant toute la seconde mi-temps, un Paraguay “héroïque” est tout de même parvenu à l’emporter 1-0, à San Francisco, s’enthousiasme La Nación. La Turquie, elle, a d’ores et déjà dit adieu à ses espoirs de qualification pour les 16es de finale, après sa défaite inaugurale contre l’Australie (2-0). Les Turcs ont au passage parachevé une performance jamais vue depuis 1966 : 62 tirs tentés pour aucun but inscrit en deux matches de compétition. Le pilier de la sélection paraguayenne Almirón, de son côté, va rater le dernier match de poule de son équipe, toujours en lice pour une première présence dans le tableau final de Coupe du monde depuis 2010. “Un match nul contre l’Australie suffirait”, s’enthousiasme La Nación.

La Coupe du monde 2026 vue par la presse étrangère
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Falco/Cuba