Un peu plus d’an après la signature d’un accord de paix par les ministres des affaires étrangères du Rwanda et de la République démocratique du Congo (RDC), le 27 juin 2025 à Washington, une accalmie trompeuse règne sur les différents fronts dans les deux provinces congolaises du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’activisme diplomatique, principalement américain, s’est traduit par une baisse des affrontements entre la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), constamment soutenue par les forces de défense rwandaises (FDR), et l’armée congolaise et ses alliés wazalendo – un terme générique dissimulant une mosaïque de milices locales engagées dans la défense de leur espace communautaire et de leurs ressources. Mais les causes du conflit sont intactes et les forces belligérantes demeurent sur le pied de guerre.
Dans leur dernier rapport annuel – qui sera prochainement rendu public –, le groupe d’experts des Nations unies pour la RDC note ainsi que les efforts diplomatiques engagés depuis juin 2025 n’ont produit que des « effets limités ». En atteste le sort d’Uvira, conquise en décembre 2025 malgré la signature, six jours plus tôt, de l’accord de paix de Washington par les chefs d’Etats rwandais et congolais, applaudis par leur homologue américain Donald Trump. Evacuée début janvier, la grande ville du Sud-Kivu vit toujours sous la menace des rebelles. Le retrait évoqué est un trompe-l’œil.
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