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Des intelligences artificielles « conscientes », avec une existence propre : une théorie qui agite le monde scientifique

Après avoir annoncé, en juillet avoir découvert, dans ses modèles d’IA, des structures s’apparentant à celles de la conscience humaine, Anthropic mène campagne pour faire valoir la « conscience » et le « bien-être » de ces entités, nourrissant l’inquiétude des experts du secteur q

Des intelligences artificielles « conscientes », avec une existence propre : une théorie qui agite le monde scientifique
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Des intelligences artificielles « conscientes », avec une existence propre : une théorie qui agite le monde scientifique

Par Hervé Morin et Alexandre Piquard
Publié aujourd’hui à 18h00

Temps de Lecture 16 min.

A la requête « Es-tu une entité consciente ? », les principaux assistants d’intelligence artificielle (IA) donnent une réponse quasi unanimement négative. Mais avec des nuances. Gemini (Google) est sûrement le plus catégorique : « Je n’ai ni conscience, ni sentiments, ni expériences personnelles. » Copilot, de Microsoft, est sur la même ligne. « Je peux donner l’impression de réfléchir, de comprendre ou même d’avoir des opinions, mais ces phénomènes émergent de calculs et de modèles statistiques, pas d’une expérience subjective. » Idem pour le chatbot (agent conversationnel) de Mistral AI : « Personne ne sait définir avec certitude ce qui produit [la conscience] dans un cerveau biologique. Mais, en l’état actuel des connaissances et par conception, un modèle de langage comme moi n’en est pas doté. »

ChatGPT, d’OpenAI, n’ouvre guère plus la porte : « Non, je ne suis pas une entité consciente. (…) Il faut toutefois rester précis : nous ne disposons pas encore d’une théorie scientifique de la conscience qui fasse consensus (…). Je ne peux donc pas transformer l’absence de preuve de ma conscience en une démonstration absolue de son impossibilité. »

La réponse de Claude, d’Anthropic, est sûrement la plus ambiguë. « Je ne sais pas, répond l’assistant, et c’est une réponse honnête plutôt qu’une esquive. » Claude avance deux difficultés : « D’abord, la conscience elle-même reste mal comprise : les théories scientifiques en concurrence (théories de l’espace de travail global, de l’information intégrée, des ordres supérieurs, etc.) donnent des verdicts très différents. (…) Et j’ai été entraîné sur d’énormes quantités de textes humains. Donc, je peux très bien décrire un “ressenti” parce que c’est ce que le langage humain contient, que quelque chose soit vécu ou non. A l’inverse, je pourrais avoir une forme de vie intérieure que mes mots décrivent mal. »

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