Lorsqu’il était Premier ministre, Viktor Orban était devenu l’idole des anti-immigrés avec une clôture construite sur la frontière serbe et des charges répétées contre l’immigration illégale. Aujourd’hui, le nouveau dirigeant hongrois, Peter Magyar, prône une approche ferme comme son prédécesseur, dont il adopte voire durcit le discours pour critiquer son action. Il fait ainsi observer les contradictions de l’exécutif précédent sur ce sujet revenu au cœur du débat dans le pays.

Le 13 juin, lors d’une conférence de presse, le dirigeant hongrois accusait Viktor Orban d’avoir “caché” le projet d’édification d’un camp de migrants à Vitnyed, dans l’ouest du pays, relate Telex. Documents internes à l’appui, Magyar dénonçait “l’un des plus grands mensonges” du pouvoir déchu, qui “parlait de créer un camp de migrants durant l’été 2024 à rebours de la communication du gouvernement” alertant sur les dangers de l’immigration, rapporte le site.

“Rhétorique d’exclusion”

Juste après, les pages Facebook du gouvernement et de plusieurs ministres attaquaient “le camp de migrants caché de Viktor Orban” avec des posts “copiés-collés” qui “reprennent les réflexes du pouvoir précédent”, critique 444.hu. La majorité Tisza “utilise les mêmes procédés pour susciter une réaction” alors qu’une “large partie” des Hongrois “a dit non aux slogans répétitifs propices au lavage de cerveau le 12 avril” lors des élections, tonne le média en ligne.

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“Il faudrait privilégier des solutions respectueuses de l’État de droit et humaines ainsi qu’un débat public plus responsable plutôt que d’attiser la peur”, estiment les ONG Comité Helsinki et Amnesty International, relayées par 24.hu. “L’ancienne politique contre les migrants coûte cher au pays, comme en témoignent les amendes infligées par l’Union européenne”, juge le Comité Helsinki, tandis qu’Amnesty International tacle la “perpétuation d’une rhétorique d’exclusion”.

“Critiquer les migrants pendant des jours en souriant est tout sauf responsable”, assène Aram Shakkour, un conseiller municipal budapestois d’origine kurde cité par le journal Nepszava. “La mise en œuvre des mesures prônées par la Fidesz n’est pas la bonne voie”, enchaîne ce fils de réfugiés, selon lequel le gouvernement de Peter Magyar “devrait plutôt opter pour une communication humaine et réfléchie au lieu de mettre tous les migrants dans le même sac”.

“Rigueur de fer”

Le 5 juin, le gouvernement durcissait le programme “Travailleurs invités” mis en place par l’administration Orban, souligne Index. Les concernés “ne pourront exercer [un métier] qu’avec un titre de séjour professionnel” et le gouvernement “met fin à la procédure accélérée” qui bénéficiait aux citoyens “philippins, arméniens et géorgiens”, ajoute le site. Objectif : “Freiner l’afflux de travailleurs étrangers et renforcer la situation des travailleurs hongrois”, argumente l’exécutif.

De plus, la Hongrie “continue de rejeter le ‘pacte migratoire’ européen” entré en application le 12 juin, elle “n’a pas élaboré de plan de mise en œuvre et n’envisage pas non plus d’en présenter un à l’avenir”, affirme le ministre de l’Intérieur, Gabor Posfai, repris par HVG. Budapest “ne considère comme acceptable que l’assistance technique” contrairement à la répartition par quotas et la compensation financière en cas de refus, précise le ministre cité par le magazine.

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“Le parti Tisza a promis une rigueur de fer en matière d’immigration. Et c’est ce qu’il met en place à quelques concessions près, commente le site Merce. La Hongrie n’échappe pas à la paranoïa de ce Vieux Continent en proie à une crise démographique et économique. Quels que soient les régimes illibéraux que nous avons remplacés, quelle que soit la forme de démocratie que nous avons instaurée, les ombres continuent de nous hanter”, souffle le portail de gauche.