Depuis les violences en marge des manifestations du 17 octobre en France, Arnab Goswami s’en donne à cœur joie à l’antenne de Republic TV. Le présentateur aux opinions ultranationalistes, régulièrement accusé de propager des fausses informations, a établi un parallèle osé entre les pillages à Paris et le Parti du peuple cafard, un mouvement de la génération Z indienne qui manifeste pacifiquement ces dernières semaines pour demander la démission du président de la commission électorale, Gyanesh Kumar.
Ce dernier est accusé de favoriser le parti du premier ministre, Narendra Modi, en procédant à une révision des listes électorales. « Ce que les “cafards” comme Abhijeet Dipke et Saurav Das [deux des chefs de file du Parti du peuple cafard] voulaient, c’est la même chose que ce qu’on fait les “cafards” français. Paris est à genoux, car les “cafards” de Paris ont brûlé Paris », a-t-il lancé dans l’un de ses sulfureux éditoriaux, le 19 octobre. A l’écran, le bandeau « La gauche radicale et les islamistes ont incendié Paris » défile en boucle.
Republic TV n’est qu’un exemple parmi d’autres. Depuis le 17 octobre, NDTV, Times Now, CNN-News18, Aaj Tak, DD News ou encore India Today diffusent abondamment les images de destruction en France. L’occasion était trop belle pour ces chaînes d’information en continu, devenues des relais de la propagande d’extrême droite du gouvernement nationaliste hindou, cherchant à délégitimer le mouvement des « cafards », accusé de faire partie « d’un réseau international islamo-gauchiste », pour « déstabiliser le pays », selon des termes repris par les présentateurs sur les plateaux de télévision.
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