La société indonésienne a récemment été agitée par l’apparition de faux pocong [des figures fantomatiques incarnant l’âme de défunts restés prisonniers de leur linceul] à travers plusieurs régions de l’archipel. D’abord signalé dans la région de Tangerang, en périphérie de Jakarta, le phénomène s’est ensuite propagé jusqu’à Java-Est, notamment dans les villes de Lamongan et Kediri.

Selon les rumeurs, certains des pocong aperçus dans les rues seraient même munis d’armes blanches, dissuadant de nombreux habitants de sortir de chez eux. Des allégations que les autorités ont toutefois démenties, révélant qu’il s’agissait en réalité de musiciens de rue déguisés en fantômes ou encore de groupes de plaisantins tournant des canulars vidéo.

Au-delà de l’anecdote, l’apparition de ces pocong rappelle un épisode plus sombre [de l’histoire indonésienne], celui de la “tragédie des ninjas” [au cours de laquelle de mystérieux hommes vêtus de noir auraient assassiné des centaines de personnes accusées de pratiquer la sorcellerie en 1998]. Un épisode sanglant qui a coïncidé avec les bouleversements de la “réforme” [à la chute du régime autoritaire de Suharto qui a duré de 1967 à 1998], qui avait provoqué des émeutes à grande échelle à travers le pays.

Une “tragédie” étroitement liée à la crise mo