Les Koweïtiens redoutent les jeudis. C’est ce jour-là qu’est publiée [chaque semaine] la liste des citoyens déchus de leur nationalité. Selon les organisations de défense des droits de l’homme, depuis le mois de mai 2024, l’émir, Mechaal Al-Sabah, a en effet privé de leur citoyenneté 70 000 de ses ressortissants ainsi que leurs proches, soit environ 16 % des Koweïtiens.
En plus de leur passeport, ces personnes perdent également leur poste s’ils sont fonctionnaires, ils n’ont plus accès à la gratuité des soins de santé et ils n’ont plus le droit de posséder un logement ni de diriger des entreprises. Face à cette humiliation insupportable, certains mettent fin à leurs jours.
“Nous sommes tous devenus des suspects”
Le Koweït est loin d’être un cas isolé. Les pays du Golfe traversent une mauvaise passe sur le plan géopolitique : l’Iran a tiré des missiles dans leur direction [durant le dernier conflit] ; la mainmise de Téhéran sur le détroit d’Ormuz a asphyxié leurs exportations de pétrole et de gaz ; la protection américaine est de moins en moins garantie ; et leur modèle économique est en difficulté.
Faute de pouvoir contrer ces menaces extérieures, les dirigeants de la région préfèrent prouver qu’ils restent les seuls maîtres à bord chez eux. Sous couvert du contexte de guerre, i
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