Près de deux mois après sa victoire écrasante au scrutin anticipé d’avril dernier, le nouveau Premier ministre Roumen Radev met la Bulgarie “sous les feux de l’actualité à Bruxelles en raison de ses réserves sur les nouvelles sanctions contre la Russie”, affirme bTV, la principale chaîne de télévision privée du pays.
Jeudi 18 juin, le chef du gouvernement bulgare est effectivement arrivé dans la capitale européenne pour un sommet de deux jours réunissant les chefs d’État et de gouvernement des États membres en présence du président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Les thèmes principaux sont l’aide européenne à l’Ukraine, la situation au Proche-Orient après la signature de l’accord entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que le cadre financier pluriannuel de l’Union européenne (UE), précise bTV. Et de poursuivre : “Les sanctions contre la Russie ne figurent pas officiellement à l’ordre du jour de la réunion, mais l’intérêt porté à notre pays s’est accru depuis l’annonce selon laquelle la Bulgarie s’oppose à une partie du dernier paquet de mesures proposé par Bruxelles”.
D’abord à Sofia, peu avant son départ, puis à Bruxelles avant l’ouverture du sommet, Roumen Radev a confirmé ce que sa ministre des Affaires étrangères, Velislava Petrova-Chamova, avait déjà avancé quelques jours plus tôt, à savoir que la Bulgarie n’était pas d’accord avec certaines mesures prévues dans le 21e paquet de sanctions que les États membres doivent adopter en juillet.
“Le temps des croisades est révolu”
Il s’agit de certaines sanctions économiques, et surtout celles prévues contre le patriarche de Russie, Kirill, connu pour être un fervent soutien de la guerre. Jeudi, le Premier ministre a même affirmé que si ces dernières sont maintenues, la Bulgarie y mettra son veto, car “le temps des croisades est révolu”. Passablement irrité devant les questions de la presse, selon le quotidien en ligne Sega, Roumen Radev a aussi expliqué que “l’Église orthodoxe russe a contribué à la libération de la Bulgarie du joug ottoman”. “Ce n’est pas le patriarche russe qui m’intéresse, mais les millions de fidèles russes”, a-t-il poursuivi, en se demandant si ces sanctions allaient contribuer à la fin de la guerre. Le Premier ministre a aussi estimé que les Églises orthodoxes, dont celle de la Bulgarie, faisaient partie “d’une même famille”.
Régulièrement qualifié de “prorusse”, voire de “nouvel Orban” pendant sa campagne électorale, le général d’aviation Roumen Radev a toujours tenu à rassurer sur ses engagements européens. Mais ces derniers propos ont fait bondir les proeuropéens du pays. Il reprend “mot à mot la rhétorique de la propagande russe”, a aussitôt relevé Vladimir Iontchev, le rédacteur en chef du quotidien en ligne Off News, connu pour sa couverture très engagée de la guerre en Ukraine.
“Comme si l’Europe menait une croisade contre la chrétienté orthodoxe !” poursuit-il dans un éditorial enflammé, appelant ses lecteurs à s’insurger contre ce “virage géopolitique” de la Bulgarie. “Radev n’est plus un danger hypothétique ni une menace potentielle. C’est un véritable agent d’influence du Kremlin, agissant à l’encontre des intérêts de la Bulgarie, cherchant à nous faire sortir de l’UE et à nous ramener dans l’orbite de la Russie, de l’Union soviétique, le ‘monde russe’, ou quel que soit le nom qu’on donne à l’incarnation actuelle de cet empire du mal”, conclut-il.
J. D. Vance, en première ligne sur l’accord avec l’Iran, admoneste les dirigeants israéliens
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !