“Avec le triomphe de Lula, l’Amazonie respire”, titrait le média colombien La Silla Vacía au lendemain de la réélection du président brésilien, Lula da Silva, dimanche 25 octobre. Son homologue colombien, Abelardo de la Espriella, dirigeant d’extrême droite, qui avait soutenu son rival, Flávio Bolsonaro, a reconnu cette victoire douze heures plus tard, dans un message publié sur le réseau social X. Il admet de “grandes et profondes différences” idéologiques, mais juge aussi que “le Brésil et la Colombie ont besoin l’un de l’autre”. Parmi les priorités figurent la lutte contre le narcoterrorisme et l’exploitation minière illégale, mais aussi la protection de l’Amazonie.

Selon El Tiempo, le Colombien prône une militarisation accrue de la forêt, où opèrent des dissidences de la guérilla des Farc, quand le Brésil a fait reculer la déforestation en associant communautés indigènes et forces de sécurité. “L’un des défis communs consiste à préserver cet écosystème […] contre l’expansion du crime organisé”, affirme Elizabeth Dickinson, de l’ONG International Crisis Group.

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Mais La Silla Vacía décrit une panoplie qui, au Brésil, va bien au-delà de la lutte contre les groupes criminels armés tels que le Primeiro Comando da Capital (PCC) ou le Comando Vermelho. Le média fait état des repérages par satellite qui déclenchent des alertes quotidiennes et entraînent des interventions contre les éleveurs de bétails ou les trafiquants de bois de la part de l’agence environnementale Ibama, dont le budget dépasse celui de tout le ministère de l’Environnement colombien. Le gouvernement inflige des amendes aux personnes s’adonnant à la déforestation illégale, procède à des saisies de biens, à des destructions d’engins agricoles et bloque l’accès aux prêts publics.

Avec cette stratégie, et un moratoire sur le soja qui limite les achats issus de terres récemment déboisées, Lula a réussi à faire descendre la déforestation de 25 396 km² en 2003 – année de sa première arrivée au pouvoir – à 6 288 km² en 2024, selon les chiffres relayés dans un autre article de ce média. De quoi permettre d’éloigner quelque peu le “point de non-retour”.