Un musée peut être modeste et ambitieux. Archéa, musée de la communauté d’agglomération Roissy-Pays de France (Val-d’Oise), est de ceux-là. Depuis son ouverture, en 2010, ses expositions temporaires se distinguent par leur originalité. C’est le cas de celle présentée actuellement, intitulée « Rouge ! Archéologie d’une couleur ». Elle fait écho au travail de Michel Pastoureau, spécialiste, notamment, du symbolisme des couleurs, bien qu’il n’y ait pas participé.
Le choix du rouge n’est pas fortuit. En effet, présent dans des sépultures préhistoriques et des grottes ornées, il fait partie des premières couleurs connues, avec le blanc, le noir et le jaune, alors que le bleu est encore totalement absent. « Ce n’est pas un rouge vif, mais plutôt des déclinaisons d’ocre », précise Isabelle Amiand, commissaire de l’exposition.
Celle-ci, conçue de façon chrono-thématique, fait le point sur l’état de la recherche concernant des objets ou matériaux retrouvés en contexte archéologique, où le rouge (ou une de ses nuances) est tout ou partie présent, par le fait de l’homme ou par oxydation : décors peints, céramiques, vêtements, épées rouillées, cotte de mailles… Elle révèle aussi ce que l’archéologie nous a appris sur la provenance, l’extraction, la transformation et la commercialisation des diverses matières rouges. Elle évoque encore les symboliques, les techniques, les usages ou les modes qui ont découlé de son utilisation.
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