Sans nous en rendre compte, nous avons transformé un inconvénient en avantage. Bien sûr, nous ne l’avons pas formulé ainsi à l’époque. Je pense même que nous n’y avons pas réfléchi un seul instant. Quand on n’a pas le choix, on emprunte presque naturellement la seule voie possible. La dictature roumaine n’approuvait pas que son peuple tant aimé franchisse les frontières pour découvrir le monde, de peur qu’il ne revienne avec des idées subversives. Ainsi, la nature est devenue notre “étranger”. Les ruisseaux de montagne, c’était la fontaine de Trevi à Rome. La forêt, la cathédrale de Cologne. Et les lacs frais, l’arc de triomphe de l’Étoile à Paris.
J’ai beaucoup appris de ces promenades. Par exemple, en forêt, je dois toujours avoir avec moi un bâton dont l’extrémité est en forme de Y, car cela peut s’avérer utile si une vipère tente de me mordre (En supposant que j’aie assez de présence d’esprit pour savoir m’en servir). Voilà pourquoi il est bon de porter un pantalon long même par forte chaleur, car cela offre une certaine protection. Oncle Béla, qui était un grand amateur d’excursions en forêt et connaissait bien les champignons comestibles, disait qu’en princip, le serpent n’attaque pas l’homme. Mais que si on le dérange dans les feuilles mortes, il se vengera de cet affront
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L’art discret de vivre sans amis
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