Ce vendredi 23 octobre, les propriétaires des droits musicaux d’Elvis Presley ont porté plainte contre Anthropic – l’entreprise propriétaire de l’intelligence artificielle (IA) générative Claude – au tribunal fédéral de San Francisco, rapporte le média américain spécialiste de l’industrie musicale Billboard.
“Les ayants droit de l’œuvre d’Elvis Presley attaquent la société d’IA Anthropic, qu’ils accusent d’avoir entraîné ses modèles sur plus de 200 chansons de l’artiste sans leur permission, en violation du droit d’auteur”, rapporte le quotidien The New York Times. Ils accusent aussi le géant de la tech de “contourner les mesures de protection des œuvres musicales et de supprimer ou de modifier les informations relatives au droit d’auteur de ces chansons”.
Les plaignants, – “la société de gestion des droits d’exploitation Authentic Brand Group, Raleigh Music Publishing, plusieurs sociétés de gestion et au moins un particulier”, selon le quotidien – visent un dédommagement de 41 millions de dollars (environ 37 millions d’euros), soit 150 000 dollars (144 000 euros) par chanson.
Protéger un monument culturel
Parmi les chansons utilisées (274 au total), on retrouve des tubes comme All Shook Up, Can’t Help Falling in Love ou Return to Sender. Comme l’explique leur avocat, dont les propos sont rapportés par le New York Times, “les plaignants engagent ces poursuites pour faire respecter leurs droits exclusifs face à une entreprise qui a bâti l’entièreté de son modèle économique sur une violation du droit d’auteur perpétrée à une échelle totalement inédite”.
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Je m’abonneIls sont d’autant plus en colère qu’ils estiment que l’œuvre du roi du rock’n’roll constitue “un des chapitres les plus novateurs, révolutionnaires et influents de l’histoire de la musique”.
De son côté, dans un communiqué diffusé ce dimanche 25 octobre, Anthropic nie les chefs d’accusation et compte se défendre vigoureusement lors de la procédure.
Accusations multiples
Ce n’est pas la première fois qu’un géant de la musique poursuit la firme en justice. Comme le rappelle le New York Times, dès janvier, Anthropic a fait l’objet d’une plainte déposée par Universal Music Group, qui lui réclame 3 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros) pour avoir utilisé son catalogue musical dans l’entraînement de Claude. En août, ce sont les deux autres majors de l’industrie musicale mondiale qui se sont lancées dans la bataille judiciaire : Sony Music et Warner Music.
Et la semaine dernière, l’éditeur musical indépendant Reservoir Media (qui gère des milliers de droits d’auteur aux États-Unis) accusait Anthropic et Suno, un autre service de génération de musique par IA, d’avoir volé les droits de certaines de ses chansons comme Big Yellow Taxi de Joni Mitchell ou Papa Don’t Preach de Madonna pour entraîner leurs logiciels.
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