“Il se passe quelque chose de très étrange”, titre en une Metro, alors que l’enquête sur le projet présumé d’attentat à la bombe à la base aérienne de Fairford, dans l’ouest de l’Angleterre, a pris une “tournure extraordinaire” lundi soir.
Le tabloïd londonien reprend les mots de l’agricultrice à l’origine de l’alerte. Vivant à proximité de Fairford, elle prévient ses voisins par WhatsApp à 1 h 49, dimanche 27 septembre, après avoir aperçu trois camionnettes blanches dans les alentours et cinq hommes cagoulés en sortir. La police est alertée.
Lors de leur arrestation, la piste iranienne s’impose rapidement dans les médias britanniques, puis internationaux. Téhéran préparait-il une attaque contre une base britannique utilisée par les forces américaines, en représailles aux frappes des États-Unis contre l’Iran ?
L’hypothèse prend suffisamment d’ampleur pour que Donald Trump félicite ses alliés britanniques. Comme l’a rapporté Metro, le secrétaire d’État américain Marco Rubio affirme qu’un acteur étranger est “clairement” impliqué et promet que “d’autres informations seraient bientôt révélées à ce sujet”, sans préciser sur quels éléments repose cette affirmation.
Mais l’enquête prend depuis une direction beaucoup moins spectaculaire. Les cinq suspects, tous originaires de Londres et âgés d’une vingtaine d’années, sont remis en liberté sous caution. Surtout, le matériel retrouvé dans leurs trois camionnettes ne constituerait pas “un explosif viable”. Le titre “quelque chose de très étrange” choisi par Metro prend dès lors une tournure plus ironique.
Aux quatre coins du pays, l’exclamation “Quoi ? !”
Cité par le quotidien, Frank Gardner, correspondant de la BBC pour les questions de sécurité, résume la réaction : “Aux quatre coins du pays, l’exclamation “Quoi ? !” est sans doute prononcée avec incrédulité.”
La remise en liberté des cinq hommes contraste en effet avec les premières informations faisant état d’un “incident majeur” et d’une catastrophe évitée de justesse.
La convocation d’une réunion du comité de crise Cobra montre pourtant que l’affaire a été prise “extrêmement au sérieux” par le gouvernement britannique, relaie Metro. Mais, poursuit Frank Gardner, “le fait que les suspects ne soient plus en garde à vue réduit considérablement l’ampleur ou la dangerosité du complot qui était supposé être en préparation. Cela laisse plus de questions en suspens que de réponses”.
Téhéran a, de son côté, catégoriquement rejeté toute implication, explique le quotidien. L’ambassade d’Iran à Londres a déclaré “rejeter catégoriquement et condamner fermement les spéculations infondées et malveillantes” selon lesquelles l’Iran aurait pu commanditer une attaque en représailles aux frappes américaines.
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