Ilia Traber, un parrain bien connu de la mafia de Saint-Pétersbourg, était jusqu’ici réputé intouchable du fait de ses liens privilégiés avec Vladimir Poutine. Son arrestation, le 17 juin à Saint-Pétersbourg, par le FSB (sécurité intérieure), jette une lumière crue sur la lutte en cours au sein du pouvoir russe pour le contrôle des ressources.
L’homme de 75 ans a été ramené à Moscou, où le tribunal du raïon Basmanny l’a inculpé de meurtre organisé et de trafic d’armes, ordonnant son maintien en détention pendant deux mois. Officiellement, il est accusé d’avoir commandité l’assassinat de l’entrepreneur et homme politique Alexandre Petrov, son partenaire en affaires, abattu par un tireur d’élite, le 24 octobre 2020, alors qu’il sortait de son sauna, dans sa villa de la région de Vyborg, près de la Finlande.
Enlisée pendant plus de cinq ans, l’enquête a pris une tournure inattendue, source de questionnement sur les vraies raisons de la chute du chef mafieux. Seule certitude, Vladimir Poutine est forcément à l’initiative de l’arrestation. « Personne [au FSB et dans le comité d’enquête] n’aurait pu prendre la décision de l’arrêter sans avoir l’aval de Poutine. Le message s’adresse à toutes les élites : l’amitié du numéro un n’est pas éternelle », explique Olga Romanova, une experte du monde carcéral russe, exilée en Europe.
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