Les Etats-Unis ont réduit leur présence militaire au Nigeria en retirant une grande partie des 200 soldats déployés dans le cadre d’une opération spéciale contre l’insurrection djihadiste dans le nord-est de ce pays, a annoncé, jeudi 2 juillet, le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom).
« Mais nous poursuivons le partenariat demandé par le Nigeria afin de continuer le partage de renseignements et l’appui nécessaire pour mener à bien ces missions complexes », a toutefois précisé le général Dagvin Anderson, au cours d’un point de presse organisé de Luanda, la capitale de l’Angola.
Le ministre de la défense nigérian, Christopher Musa, a dit à l’Agence France-Presse (AFP) jeudi que des troupes américaines avaient été déployées au Nigeria spécifiquement pour l’opération réalisée en mai. Ce contingent, composé de près de 200 militaires non combattants, est arrivé au Nigeria plus tôt cette année dans le cadre de missions plus larges de formation et d’assistance technique. « Ils sont venus, ont effectué cette opération, accompli leur mission, puis sont repartis », a-t-il souligné dans cet entretien.
Le nombre des soldats américains encore présents au Nigeria restait inconnu, aucune précision n’ayant été fournie par les autorités des deux pays. « Nous continuons à maintenir des forces au Nigeria. Leurs effectifs évolueront en fonction des besoins opérationnels », a déclaré à l’AFP une porte-parole de l’Africom.
Etat d’urgence sécuritaire
Selon le général Dagvin Anderson, l’armée nigériane s’est montrée « très active » depuis l’opération de mai. « Elle continue de réaliser elle-même des opérations contre des cibles », ce qui a entraîné « davantage de défections ou de redditions parmi les combattants de l’Etat islamique dans cette région du nord-est du Nigeria. Il s’agit donc d’un effort commun qui continue de se renforcer », a-t-il précisé.
En mai, les forces américaines et nigérianes ont effectué en collaboration des frappes aériennes dans la région du lac Tchad, dans le nord-est du pays, tuant près de 200 combattants du groupe Etat islamique, dont le numéro deux mondial de cette organisation djihadiste.
Le nord-est du Nigeria est en proie à une insurrection djihadiste depuis 2009, d’abord menée par Boko Haram, puis par sa branche dissidente et rivale, l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).
La recrudescence des attaques meurtrières et des enlèvements ces derniers mois a conduit le président nigérian, Bola Tinubu, à décréter en 2025 un état d’urgence sécuritaire à l’échelle nationale et Donald Trump à menacer le pays d’une intervention militaire. Le président américain avait affirmé que les chrétiens du Nigeria étaient « persécutés » et victimes d’un « génocide » perpétré par des « terroristes », ce qu’Abuja et la majorité des experts nient fermement, les violences touchant en général indifféremment chrétiens et musulmans.
L’armée américaine, en coordination avec les autorités nigérianes, a procédé le jour de Noël à des frappes dans l’Etat de Sokoto (nord-ouest) ayant visé, selon Washington, des djihadistes de l’Etat islamique.