The Nation, magazine d’opinion américain résolument à gauche, a publié cette infographie en février, alors que des voix commençaient à s’élever contre les projets de l’ICE, la police fédérale de l’immigration, visant à reconvertir des entrepôts en centres de détention pour étrangers en passe d’être expulsés.

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Depuis son retour à la tête des États-Unis, Donald Trump a entrepris de faire appliquer à la lettre ses promesses de campagne, du moins dans le domaine migratoire. Le président républicain veut expulser 15 millions à 20 millions de personnes du territoire, parmi lesquelles des sans-papiers, mais aussi “des immigrés légaux et des citoyens américains”, assure le magazine.

Pour cette infographie consacrée aux conséquences sur l’économie du pays qu’aurait l’expulsion de millions de personnes, The Nation s’est appuyé sur une série d’études scientifiques et de données rassemblées par des ONG. La grande majorité d’entre elles montre que l’immigration ne fait pas baisser les salaires des travailleurs locaux moins instruits. Au contraire. “La recherche sait depuis longtemps que les travailleurs immigrés ne volent pas le travail et le salaire des gens du cru : ils contribuent à la croissance économique de tout le monde”, insiste le journal.

Quid du coût humain ?

Selon Trump, s’il ne parvient que partiellement à ses fins, l’économie s’en trouvera tout de même affaiblie. En travaillant sur l’hypothèse où 11 millions de clandestins vivant aux États-Unis en 2022 quitteraient le pays de force, l’American Immigration Council, une ONG de plaidoyer pour les droits des personnes immigrées, a calculé que le PIB chuterait d’au moins 4,2 %. Des travaux de l’American Action Forum menés en 2015 arrivaient déjà à ce genre d’ordre de grandeur, avec un recul du PIB de 5,7 %.

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Une autre étude relayée par Politico en 2024 suggérait même qu’entre octobre 2023 et juin 2024, près de la moitié de la croissance du marché de l’emploi pouvait être attribuée à l’arrivée d’étrangers.

L’American Immigration Council a aussi calculé le coût des expulsions massives : 315 milliards de dollars. Le tout sans même inclure les dépenses engagées pour les centres de détention, pour l’embauche du personnel nécessaire au bon fonctionnement de ces centres, ni même le coût de l’expulsion des nouveaux arrivants. Sans parler du manque à gagner sur les impôts, que ne paieraient plus les personnes renvoyées dans un autre pays.

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“Aucun de ces chiffres n’évalue le coût humain que provoque le fait d’arracher des personnes à leur domicile et de les expédier ailleurs, insiste encore The Nation, qui ajoute : La perte violente et soudaine de ces collègues, amis, voisins et camarades de classe aura sans aucun doute des effets négatifs sur ceux qui restent.”