Alexandru Munteanu, le Premier ministre nommé en novembre 2025 à la tête d’un gouvernement moldave engagé sur la voie de l’adhésion à l’Union européenne, a annoncé vendredi 3 juillet qu’il démissionnait. Une décision qui engage du même coup l’ensemble de l’exécutif, conformément à la Constitution moldave, et qui plonge le pays “dans une crise gouvernementale, sur fond de tensions majeures liées à l’épuration qui venait de commencer dans le système public”, note le quotidien Ziarul National.
Fin juin, la presse moldave a publié des informations au sujet “d’affaires de corruption qui touchent jusqu’à des secrétaires d’État”. Des allégations qui impliquent des proches de la présidente Maia Sandu, en particulier sa cousine, qui travaille pour l’entreprise d’État MoldATSA. “Le rapport de la Commission nationale anticorruption, rédigé au lendemain des révélations sur des affaires de corruption à haut niveau, mentionne des conflits d’intérêts, l’utilisation frauduleuse de l’argent public, des embauches illégales et des primes scandaleuses. Maia Sandu a réagi avec vigueur en assurant que personne ne serait protégé politiquement”, précise Ziarul National.
Si Alexandru Munteanu a motivé sa décision par le fait “qu’il aurait compris qu’il ne pouvait plus exercer son mandat en accord avec ses convictions”, la presse estime que du point de vue politique, les choses devraient être rapidement réglées. Maia Sandu dispose d’une majorité gouvernementale issue de son parti, Action et Solidarité (PAS), qui devrait pouvoir nommer sans difficulté un nouveau chef de l’exécutif.
Alexandru Munteanu avait suscité la controverse dès sa nomination, car cet économiste et hommes d’affaires, qui a la triple citoyenneté moldave, roumaine et américaine, était rentré d’Ukraine, où il était établi depuis plusieurs années, pour prendre ses fonctions.
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