La France se préparait, vendredi 23 octobre, à une “nouvelle vague de manifestations” samedi dans tout le pays, “les autorités s’efforçant d’empêcher que ne se reproduisent les violences et les émeutes qui ont secoué le pays la semaine dernière”, rapporte CNN.
Les manifestants, soutenus par les syndicats et certains partis politiques de gauche, “espèrent participer à ce que l’on appelle l’’acte II’ des rassemblements” contre la vie chère du 17 octobre, “qui, selon les estimations du gouvernement, ont rassemblé plus d’un demi-million de participants”, contextualise le New York Times.
CNN qualifie de “massif” le dispositif de sécurité prévu par les autorités ce week-end, avec quelque 70 000 policiers déployés à travers la France, après une semaine de “couvre-feux imposés dans certaines villes afin de contribuer au maintien du calme” et des interdictions de manifester. “Des unités d’intervention spécialisées, des hélicoptères, des véhicules blindés, des chiens policiers et des canons à eau seront déployés dans le cadre de cette opération”, détaille la chaîne américaine. “Par ailleurs, le nombre de soldats de l’armée française patrouillant habituellement à Paris dans le cadre du dispositif antiterroriste sera augmenté afin de décharger les forces de police des missions de surveillance statique.”
À Paris, une grande manifestation est prévue samedi après-midi “et les médias français s’attendent à ce que des centaines de milliers de personnes y participent”, écrit CNN. La chaîne relève que “de nombreux sites touristiques majeurs […], dont des musées de renommée mondiale comme le Louvre, le musée d’Orsay et le musée de l’Orangerie”, seront fermés samedi.
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Je m’abonneÀ Orléans aussi, où se tient le congrès du Rassemblement national (RN) samedi et dimanche, “les autorités se préparent à d’éventuels troubles”, note le New York Times. En parallèle, une manifestation anti-RN organisée par la CGT et d’autres groupes et autorisée par les autorités locales “devrait rassembler plus de 20 000 personnes”, samedi.
L’exécutif “pris au dépourvu”
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a averti vendredi que le gouvernement serait “intraitable avec ceux qui se livrent à des actes de destruction”. CNN voit là “une mise en garde sans équivoque à tous ceux qui cherchent les ennuis”, alors que “les émeutes de la semaine dernière ont suscité des critiques à l’encontre des autorités, accusées de ne pas prendre la menace suffisamment au sérieux”.
Il y a une semaine, les “importantes” manifestations, “majoritairement pacifiques”, qui ont eu lieu dans plusieurs villes de France, avaient laissé place à des “troubles”, notamment à Paris, Marseille et Lyon, y compris le lendemain, rappelle le New York Times. Près de 1 000 policiers avaient été blessés et plus de 3 000 commerces pillés ou endommagés, selon les autorités. Plus de 2 500 personnes avaient été arrêtées.
Ces violences sont survenues après “des semaines de manifestations liées à l’éducation, aux perspectives d’emploi moroses et au coût de la vie”, explique CNN. “Initialement pacifiques et rassemblant principalement des étudiants”, ces mobilisations “ont rapidement dégénéré.” The Guardian évoque “certaines des pires violences de rue de ces dernières années”.
Le président de la République, Emmanuel Macron, et son gouvernement “peinent à maîtriser une crise qui les a pris au dépourvu à six mois de l’élection présidentielle qui désignera son successeur”, commente le quotidien britannique, qui relève que le gouvernement a admis avoir “perdu le contrôle” des émeutes qui ont éclaté le 17 octobre.
Et une sortie de crise peine à se dessiner. Si, comme le souligne le Wall Street Journal, les Gilets jaunes sont de retour dans les rues, prévoyant plus de 700 mobilisations en France samedi, contrairement à 2018, lorsque était né le mouvement, le chef de l’État “dispose désormais de moyens limités pour apaiser les manifestants”.
À l’époque, des manifestants descendaient dans la rue tous les samedis en réaction à la hausse des taxes sur les carburants proposée par le président Emmanuel Macron, retrace le journal. “Les manifestations avaient fini par s’essouffler après que Macron a annulé la hausse des taxes sur les carburants et augmenté le salaire minimum. Il a également entrepris une tournée à travers le pays afin de montrer qu’il était à l’écoute des besoins de la classe ouvrière rurale française.” Emmanuel Macron était alors “un dirigeant nouvellement élu disposant d’une majorité au Parlement et les finances de la France étaient relativement saines”.
Mais aujourd’hui, le gouvernement est “aux prises avec une crise budgétaire en partie alimentée par les mesures prises par Macron pour mettre fin aux manifestations de 2018”. Et “la France affiche un déficit budgétaire que seuls les États-Unis dépassent parmi les économies avancées.”
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