La Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont posé cinq conditions pour les négociations avec la Russie concernant la fin du conflit russo-ukrainien. La nature de ces conditions, comme le fait qu’elles soient acceptables ou non pour la Fédération de Russie, n’a pas réellement d’importance. Ce qui compte, c’est que ces trois pays aient jugé possible de les formuler et n’en aient pas été dissuadés ni par l’exécutif de l’UE, qui n’a cessé de répéter que l’Europe devait parler d’une seule voix avec la Russie, ni par Donald Trump, qui depuis le début de son mandat promet de conclure la paix entre Moscou et Kiev en un tournemain.

Le silence de Bruxelles est compréhensible : on n’avait pu trouver aucun interlocuteur avec qui le Kremlin aurait accepté de s’entretenir sur quoi que ce soit. Après quelques rencontres sur le sujet à Bruxelles, une position commune s’est visiblement dégagée au sein de l’UE. Elle consistait à refuser de proposer dans ce rôle [d’interlocuteur avec la Russie] la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas [ancienne Première ministre estonienne]. Trop radicale, elle ne pense qu’à la suite de sa carrière en Estonie, où la moindre concession à la Russie l’exclurait définitivement de la vie politique.

C’est pourquoi Bruxelles, au lieu de se lancer dans des d