À la surprise générale, Lula a été réélu président du Brésil, dimanche 25 octobre. Il entamera bientôt un quatrième mandat à la tête du pays. Le candidat de gauche a remporté le second tour avec 51,79 % des voix face au leader de l’extrême droite, Flávio Bolsonaro. Le fils de Jair Bolsonaro était pourtant arrivé en tête lors du premier tour.
Une mobilisation exceptionnelle durant l’entre-deux-tours a permis ce retournement de situation historique. The Gardian rappelle que samedi 24 octobre, “plus d’un million de personnes [avaient] afflué sur la plage de Copacabana à Rio et un nombre encore plus important [avait] défilé sur l’avenue Paulista.” Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans, a su convaincre ses électeurs de se rendre aux urnes : “entre le premier et le second tour, Lula a réussi l’exploit d’accroître son soutien électoral de plus de 10 millions de voix”, note le quotidien argentin Página 12.
Jamais le pays n’avait vu un candidat arrivé deuxième au premier tour remporter l’élection présidentielle au terme du second. La marge de manœuvre du président s’annonce néanmoins restreinte, étant donné que le Congrès national, le parlement brésilien, est dominé par l’extrême droite.
“Vent de fraîcheur sur l’Amérique latine”
La journée électorale a été marquée par une grande confusion. Au cours de celle-ci, les équipes de Lula ont déposé un recours, dénonçant la suppression de bus dans certaines villes qui auraient empêché les électeurs de se rendre aux urnes. Celles de Flávio Bolsonaro ont également demandé une prolongation du vote en raison des conditions météorologiques difficiles dans deux États du Sud. Le Tribunal suprême fédéral a donc prolongé de deux heures l’ouverture des bureaux de vote.
Dans les pas de son père, condamné pour tentative de coup d’État quatre ans auparavant, Flávio Bolsonaro conteste sa défaite. Il a fait part de sa volonté de faire annuler le scrutin, au motif de la prolongation de l’ouverture des bureaux de vote qu’il avait lui-même demandée.
Ce scrutin est également un revers important pour Donald Trump. Le président des États-Unis se heurte à un Brésil progressiste qui résiste au milieu d’une Amérique latine où de nombreux pays ont récemment viré à droite. Página 12 estime que la victoire “fait souffler un vent de fraîcheur sur l’Amérique latine, étouffée par le trumpisme”.
La fausse modération de Flávio Bolsonaro
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