“Quel crédit lui reste-t-il ?” peut-il “dissiper les soupçons” qui l’entourent ? demande La Vanguardia, dans son éditorial du 18 juin. Pour le moment, le journal barcelonais n’a pas les réponses. La veille, José Luis Rodríguez Zapatero, qui a été le chef du gouvernement espagnol de 2004 à 2011, avait pourtant l’occasion de chasser les doutes en répondant aux questions du juge José Luis Calama, de l’Audience nationale, haute instance pénale espagnole.

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Le magistrat le soupçonne, entre autres infractions, d’avoir été à la tête d’un réseau de trafic d’influence dans le cadre d’une enquête sur le sauvetage de la microcompagnie aérienne Plus Ultra Líneas Aéreas, établie à Madrid et renflouée grâce à un prêt de 53 millions d’euros d’argent public en mars 2021.

En première page de son édition du 18 juin, La Vanguardia relate : “Zapatero nie avoir reçu des rémunérations en lien avec le sauvetage de Plus Ultra, mais ne convainc pas le juge.” Ce dernier n’a toutefois pris aucune mesure préventive à l’encontre de l’ancien dirigeant, comme le réclamait notamment le parquet anticorruption espagnol.

D’où viennent les bijoux ?

Zapatero clame son innocence, insiste La Vanguardia, mais il n’a rien dit à propos des bijoux valorisés à 1,3 million d’euros et retrouvés dans son bureau lors d’une perquisition menée dans le cadre de l’affaire. “Selon l’entourage” de l’ancien chef du gouvernement, explique le quotidien centriste sur son site, il s’agirait d’un “cadeau” de l’ex-roi saoudien Abdallah ben Abdulaziz Al Saoud (décédé en 2015) destiné à l’épouse de Zapatero, Sonsoles Espinosa. “Le couple [en] ignorait la valeur réelle”, ajoute La Vanguardia.

Ces bijoux auraient été remis en 2007, lorsque Zapatero a été reçu par le roi Abdallah. Pour illustrer son article, La Vanguardia ne manque de ressortir une image où figurent les deux hommes, en compagnie de l’ex-monarque espagnol Juan Carlos, qui a abdiqué en 2014. Zapatero a promis de “fournir une explication claire quant à l’origine [de ces bijoux] dans les prochains jours”, ajoute le quotidien.

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En attendant, le natif de Valladolid, longtemps perçu comme un “référent” de la social-démocratie en Espagne, “est aujourd’hui une idole déchue”. De plus, ses démêlés judiciaires éclaboussent l’actuel gouvernement du Premier ministre socialiste, Pedro Sánchez, dont Zapatero est proche.