COURRIER INTERNATIONAL : Au regard de la popularité de Marine Le Pen dans les sondages, est-ce que la décision rendue par la cour d’appel de Paris a décidé de l’identité du futur président de la République ?

MATTHIAS KRUPA : Je pense que le jugement qui a été prononcé [le 7 juillet] est un jugement très sage, très équilibré, parce que les juges n’ont laissé aucun doute sur le fait que Le Pen est coupable, et qu’elle a commis des délits graves. Les peines sont lourdes. Mais en même temps, elles ont laissé la possibilité et le devoir au Rassemblement national et à Marine Le Pen de prendre les décisions politiques. Les juges n’ont pas décidé de la future présidence de la République, mais elles ont laissé Marine Le Pen décider pour elle-même.

Le jugement intervient dans une période très particulière, au début de la campagne présidentielle…

En analysant la situation en amont, on a vu que les juges étaient vraiment devant un dilemme : ne pouvant pas s’occuper de la politique – car représentant la justice –, mais sachant que leur décision aurait des conséquences politiques. Pour moi, les juges ont trouvé un bon équilibre.

Aujourd’hui, personne ne peut dire que ce sont les juges qui ont décidé. Toutes les critiques sont sur Le Pen, mais pas sur les juges. Cette décision a renforcé la co