Le 10 juin, des scientifiques de l’université du Costa Rica (UCR) et de l’Institut costaricain de la pêche et de l’aquaculture ont publié, dans la revue scientifique Zootaxa, les résultats de leurs recherches mettant au jour l’existence d’une nouvelle espèce de poisson “apparentée aux raies et aux requins” dans les profondeurs du Pacifique costaricain, rapporte Teletica.

Baptisée Rhinochimaera costaricana, précise le média indépendant Delfíno, cette espèce appartient au groupe des “chimères”, “des poissons cartilagineux” aussi nommés “requins fantômes” – vivant dans les grands fonds marins et partageant certaines caractéristiques morphologiques avec les raies et les requins. L’animal mesure environ 80 centimètres et évoluerait dans un environnement plongé dans l’obscurité presque totale, entre 400 et 700 mètres de profondeur, où règne une “pression extrême”, décrit Teletica.

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Jusqu’à ce jour, trois espèces de requin fantôme avaient été recensées en Afrique du Sud, à Taïwan, en Australie, au Japon et dans l’océan Atlantique, entre le Groenland et le Brésil. D’après les précisions de Delfíno, les scientifiques ont focalisé leur travail sur trois spécimens mâles, aujourd’hui conservés au musée de Zoologie de l’UCR, collectés entre 2000 et 2023 lors d’expéditions scientifiques en eaux profondes. En comparant leurs caractéristiques avec celles d’autres individus du genre Rhinochimaera, ils ont conclu qu’ils étaient les représentants d’une espèce jusqu’alors inconnue. Il s’agirait de la seule espèce de requin fantôme connue sur la côte d’Amérique centrale ; elle se distingue par “un nez plus court, une épine de la première nageoire dorsale plus grande et plus haute” ainsi qu’“un plus grand espace entre les nageoires dorsales”.

Une occasion rare

Cité par le média Semanario Universidad, Arturo Angulo, chercheur au Centre de recherche sur la biodiversité et l’écologie tropicale (Cibet), a expliqué que leur présence dans les profondeurs marines rend leur observation difficile et leur collecte particulièrement rare. De ce fait, “chaque spécimen disponible représente une occasion précieuse pour étudier leur anatomie, leur biologie et leur diversité”.

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Pour le chercheur, cette découverte permettra d’enrichir les connaissances sur les eaux profondes du Costa Rica, un écosystème encore mal connu. Et pour comprendre davantage cet environnement jouissant d’une biodiversité très riche, “il est nécessaire de connaître les organismes qui y habitent”, a-t-il ajouté.