Saima Zaman Suchana est une jeune Bangladaise qui, comme de nombreux autres étrangers, fait ses études en Australie. Dans les pages du Daily Star, un quotidien de Dacca, elle évoque l’envers du décor.

“Comme beaucoup, je partageais cette croyance : étudier à l’étranger me garantirait automatiquement une vie stable et réussie, où tout finirait par s’arranger. Plus tard, j’ai compris que c’était peut-être là ma plus grande erreur d’appréciation.”
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La première difficulté lui est apparue en cours : ses camarades australiens étaient tous déjà bien formés et depuis un très jeune âge aux outils numériques et aux langages informatiques, contrairement à elle. Elle en a retiré “une étrange impression : celle d’être déjà en retard avant même d’avoir commencé”. Le même décalage se produit à nouveau quand il s’agit de trouver un emploi dans un pays dont on ne maîtrise pas les codes et où la concurrence est déjà féroce. Par ailleurs, les étudiants étrangers sont souvent obligés de cumuler plusieurs emplois, ce qui les contraint à travailler plus d’heures que leur visa ne le leur permet. À la pression financière s’ajoute la crainte de se faire expulser. Saima Zaman Suchana décrit sans fard “l’exercice d’équilibriste constant entre les études, les devoirs, les frais de scolarité, le loyer, les courses, la cuisine et les longues journées de travail”. Elle-même a dû prendre un emploi en horaires décalés dans un McDonald.

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Les étudiants étrangers partagent rarement ces réalités. Ils rassurent leurs proches, publient des photos joyeuses sur les réseaux sociaux et taisent les difficultés qu’ils rencontrent. “Derrière ces apparences se cachent de longues nuits de solitude, des soucis financiers, l’incertitude, le manque de sommeil et la pression sourde de simplement essayer de tenir le coup.” Culpabilité vis-à-vis de la famille, sentiment de devoir faire ses preuves, honte… autant de pistes qui expliquent ce silence, notamment pour les jeunes qui, comme Saima Zaman Suchana, viennent de pays pauvres.