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Alma Rechtman, la voix grave qui fait trembler «La maison s'effondre»

Alma Rechtman, autrice-compositrice, chanteuse et musicienne française, dévoile son tout premier album intitulé « La maison s'effondre ». Après des années à travailler sa musique dans l'ombre, elle a fait évoluer son jazz vers la pop et la chanson française alternative, sublimée d'effets

Alma Rechtman, la voix grave qui fait trembler «La maison s'effondre»
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Alma Rechtman, la voix grave qui fait trembler «La maison s'effondre»

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Alma Rechtman, autrice-compositrice, chanteuse et musicienne française, dévoile son tout premier album intitulé « La maison s'effondre ». Après des années à travailler sa musique dans l'ombre, elle a fait évoluer son jazz vers la pop et la chanson française alternative, sublimée d'effets électroniques. Son album est une invitation à créer des feux de joie et à danser sur les ruines du vieux monde, avec une question centrale : si la maison ne tient plus debout, que reste-t-il pour la porter ?

Alma Rechtman dévoile son tout premier EP, "La maison s'effondre".
Alma Rechtman dévoile son tout premier EP, "La maison s'effondre". © Dario Holtz
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Fille d’une mère américaine chanteuse de folk et de jazz, Alma Rechtman a toujours baigné dans la musique. Elle apprend d’abord le ukulélé puis la guitare, le piano, la contrebasse, les percussions corporelles et bien sûr, le chant. C'est d'abord la tessiture de sa voix de contralto qui frappe : rauque et écorchée, mais aussi délicate, et surtout plongée dans les graves.

Elle raconte : « Ma mère me dit que c'est parce que j'ai commencé à la cigarette, sauf que j'ai arrêté et que ma voix est de plus en plus grave. Donc je ne crois pas que ça soit ça : je pense que j'ai mué. Je ne sais pas si c'est possible, les scientifiques ne seront peut-être pas d'accord avec moi, mais je m'en fous, c'est ma théorie fumeuse (rires). En gros, j'ai découvert que j'avais des graves en cours de théâtre. On faisait une espèce d'atelier weird où il fallait chanter, chanter, chanter, et les seuls moments où tu arrêtais de chanter, c'était pour respirer. Et donc tu fais des sons trop bizarres, tout le monde te regarde… et là, j'ai découvert que je pouvais faire des sons vraiment très graves. J’étais là : "mais what ? Qu'est-ce qu'il se passe ?" J'avais l'impression de me décoller du sol. »

Percer malgré les doutes

A ses débuts, personne ne croyait vraiment à sa proposition artistique. Mais Alma Rechtman s'est accrochée, jusqu’à percer grâce à une vidéo publiée  sur Instagram. L'industrie musicale finit par repérer cette musique organique et électrifiée, qu'elle qualifie de pop ou de chanson française alternative. Aujourd'hui, son style est reconnaissable autant à sa voix qu’à l’usage qu’elle fait des effets électroniques pour aller la rendre plus grave encore et la distorde dans tous les sens.

 « J'adore. En fait, j'ai un truc, un amour pour le grave. C'est d'ailleurs quelque chose qui a été très compliqué au mixage de l'EP pour mon mixeur Antoine Gaillet. Il était là en mode : "Il y a trop de fréquences électriques dans le bas et il faut rajouter du haut, parce que le mix n'est pas possible, il est trop lourd dans le grave." Ma pédale, que j'utilise sans cesse, n'est pas une pédale pour la voix à la base, c'est pour la guitare, d'où le son bizarre. Mon signal rentre, donc ma voix, et je dois choisir la gamme, la tonalité, et ne pas chanter faux, sinon tout se défait. Il en sort trois voix et ça fait un son comme une pompe un peu électrique ou un peu accordéonesque. Et ça me rend zinzin de voir tout ce qu'on peut faire avec les échos de cette voix. C'est une matière que tu ne peux pas obtenir avec d'autres instruments. » explique Alma Rechtman.

Faire de la voix un instrument à part entière

Le morceau « Le sommeil » illustre parfaitement cette passion pour le travestissement de la voix. Grâce à des octaveurs, qui permettent de la transformer en un instrument à part entière, mais aussi avec des pédales loop pour superposer des phrases et les répéter en boucle de manière hypnotique.

Elle raconte son processus créatif : « Je suis bloquée dans une suite d’accords que j’aime trop, hyperfocus, je n’arrive pas à sortir de cette grille harmonique qui me fait trop baver. Pour composer « Le sommeil », j’étais dans une toute petite mezzanine avec un vieux piano, et j’ai commencé à faire des voix qui sont devenues les chœurs. Je faisais ça en boucle, je pense que j’y ai passé sept heures. J’empilais les voix, je n’ai pas du tout fait exprès que ce soit hypnotique, j’étais juste en mode : "J’aime trop, je veux ajouter le plus de voix possibles pour voir jusqu’où on peut aller dans l’harmonie, ce qui va se passer, comment faire pour que ça devienne universel, je veux mettre 1500 voix !" Enfin tu vois, il y a un truc d’expérimentation totale tout le temps, et je me perds moi-même dans ce que je fais. Et après je me dis : bon, il va falloir mettre un sens à tout ça, et que ça devienne une chanson. »

Une maison en ruines, une colère à dire 

Les chansons d'Alma Rechtman racontent le quotidien, la force de la communauté et de l'amour queers, mais aussi la crise écologique, les violences patriarcales et familiales et toute la colère qui en découle. Le morceau « Papa la maison s'effondre », actuellement en playlist sur RFI, décrit un lieu symbole d'un monde dont on hérite alors qu'il est en ruines. « C’est ma chanson préférée parce qu’elle parle de deux thèmes forts qui sont la relation au père, et la relation à l’Etat. C’est une chanson pour représenter le cri de la petite fille qui hurle à son père qu’il se passe quelque chose et lui ne voit pas. Il parade : c’est un homme, il est fort, il avance dans la rue et il ne se retourne pas. Tandis qu’il y a une petite gosse qui est là genre : "à l’aide !" C’est vraiment un père qui danse sur la chanson, mais qui se bouche les oreilles. Et d’un point de vue plus large, ça parle de tous ces dirigeants qui ne voient pas que la Terre crame, qu’on se bat pour nos droits, qui nous suppriment énormément de droits et qui protègent les ultra-riches. Et nous, le peuple, qui crions : "Wesh, quelqu’un fait quelque chose avec cette Terre qui s’effondre, avec les prix qu’on ne peut plus assumer, et l’inflation, allô, réveillez-vous ?" Et tout le monde nous regarde en tapant du pied, genre : "Nous on est riches, c’est bien" ».

Alma Rechtman sera à retrouver en tournée le 7 novembre à Haubourdin, 13 novembre à Montreuil, le 20 novembre à Bellevigne en Layon, 27 novembre à Rumilly, le 2 décembre à Massy et le 3 décembre à Toulouse.

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