En direct Vendredi 6 Novembre 2026
Géopolitique

Au Maghreb, des fractures géopolitiques de plus en plus inquiétantes

La rivalité s’exacerbe entre le Maroc et l’Algérie, qui investissent massivement dans leur armement. Ce duel se prolonge au Sahel alors que les tensions hispano-marocaines autour de Ceuta alourdissent d’avantage le climat régional.

Au Maghreb, des fractures géopolitiques de plus en plus inquiétantes
HaitiCreoleRadio.com

Des vents mauvais soufflent sur la géopolitique du Maghreb. Rarement l’atmosphère aura été aussi toxique, lourde de périls à terme, sinon immédiats. Alors que s’envenime comme jamais la rivalité entre Alger et Rabat, qu’illustre une alarmante course aux armements, le Sahel voisin est le théâtre d’ingérences étrangères aux ramifications régionales. A ces deux foyers de crise s’ajoute une troisième source de tensions, préoccupante pour l’Europe puisqu’elle met aux prises le Maroc et l’Espagne autour de l’avenir de Ceuta et Melilla, ces « exclaves » hispaniques fichées dans le nord du royaume chérifien.

Cette triple brèche dans le paysage stratégique du Maghreb est issue de ruptures plus globales – pression migratoire, néo-impérialismes régionaux, redéploiement des corridors énergétiques – mais aussi de passifs historiques non soldés, en particulier les frontières issues de la colonisation. En l’absence de mécanismes de régulation des conflits – l’Union du Maghreb arabe (UMA) créée en 1989 est une coquille vide –, un tel cocktail de forces centrifuges a tout lieu d’inquiéter.

L’évolution la plus délétère concerne sans nul doute l’antagonisme entre le Maroc et l’Algérie. Le réveil du conflit autour du Sahara occidental en 2020 a rallumé une discorde régionale que l’on pensait assoupie. Les deux frères ennemis s’étaient déjà affrontés à deux reprises en 1963 (la « guerre des sables » autour du tracé frontalier), puis après le départ en 1975 de l’Espagne de sa colonie sahraouie, Alger soutenant les indépendantistes du Front Polisario combattant la prise de contrôle du territoire par l’armée marocaine. Après une phase d’accalmie, le contentieux a resurgi dans un contexte totalement nouveau : la normalisation diplomatique entre le Maroc et Israël, vivement encouragée par un Donald Trump à la fin de son premier mandat (2016-2020).

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