“C’est la fin du purgatoire pour le Parti Québécois [PQ], qui renoue avec le pouvoir”, résume Le Journal de Montréal. “Confinés dans l’opposition depuis plus de douze ans”, les indépendantistes menés par Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) ont remporté lundi 5 octobre les élections dans la province francophone, reprenant ainsi “les rênes de l’État”, souligne le média canadien.

“Porté par un vent de changement qui a eu la peau de la Coalition avenir Québec (CAQ), le PQ obtenait en début de soirée le plus grand nombre de votes dans une soixantaine des 127 circonscriptions du Québec”, rapporte Le Devoir.

La première ministre sortante, Christine Fréchette, – dont le parti, la CAQ est désormais “rayé de la carte” –, a été “incapable de maintenir l’appui des électeurs inquiets des contrecoups de la guerre tarifaire entre le Canada et les États-Unis” et n’est pas parvenue à rallier “les indépendantistes opposés à la promesse du PQ de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec”, observe le quotidien québécois.

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“Dans son discours de victoire, qui a duré 20 minutes” lundi soir, Paul St-Pierre Plamondon a, de son côté, “tendu la main aux trois autres partis politiques qui seront représentés à l’Assemblée nationale”, – le Parti libéral du Québec (PLQ), le Parti conservateur du Québec (PCQ) et Québec solidaire (QS) – “promettant d’être ’le premier ministre de tous les Québécois’”, rapporte Radio Canada.

Le chef péquiste a aussi insisté sur le fait que le Québec “méritait” d’être un “pays”. “La courageuse lutte des francophones en Amérique pour perdurer dans leurs différences culturelles trouvera un sens lorsque ce peuple obtiendra son pays et la reconnaissance qui en découle. […] On le mérite au même titre que tous les autres peuples qui ont leur pays et leur démocratie”, a-t-il lancé devant ses partisans réunis à Montréal.

Gouvernement minoritaire

“À l’instar de [l’ex-Première ministre indépendantiste] Pauline Marois en 2012”, Plamondon a toutefois “échoué” lundi “à obtenir les commandes d’un gouvernement majoritaire”, observe Le Devoir.

Avec environ 28 % des voix, selon des résultats quasi définitifs, le PQ “n’a pas obtenu le chiffre magique de 64 députés” qui “lui aurait permis […] d’avoir les coudées franches pour appliquer son programme électoral”, souligne Le Journal de Montréal. “Les engagements phares comme l’abolition de Santé Québec, le dégraissage de l’État, les coupes de postes dans la fonction publique mais surtout, la tenue d’un référendum sur la souveraineté, ne passeront” donc “pas comme une lettre à la poste”, estime le quotidien.

“Mais surtout”, rappelle le média montréalais, “un gouvernement minoritaire risque de ne pas survivre très longtemps si aucune alliance ne se forge avec une équipe adverse”. Les Québécois risquent donc “d’être appelés à nouveau aux urnes avant la prochaine échéance électorale fixée à 2030”, prédit le journal.

Un “nouveau chapitre mouvementé sur la question de l’unité du pays”

“Certes, sans majorité à l’Assemblée nationale, M. St-Pierre Plamondon devra avancer avec prudence dans la mise en œuvre de son programme indépendantiste”, concède le journaliste Konrad Yakabuski, dans un éditorial publié sur le site du quotidien canadien anglophone The Globe and Mail.

“Sa promesse d’organiser un troisième référendum, après des années d’ambiguïté stratégique sur la question de la part de ses prédécesseurs, a peut-être plafonné le soutien au PQ durant cette campagne”, estime l’éditorialiste qui rappelle que la plupart des Québécois restent opposés à la tenue d’un nouveau référendum, après avoir rejeté l’indépendance en 1980 et en 1995.

Mais “l’histoire du Québec ayant été marquée par de grands bouleversements politiques, il serait imprudent d’écarter les chances des souverainistes lors d’un éventuel futur référendum en se fondant sur les sondages actuels. PSPP saura exploiter tout grief, réel ou perçu, à l’encontre d’Ottawa pour faire avancer sa cause”, prévient l’éditorialiste. “Le PQ est de retour. Et que cela plaise ou non, le Canada devra se préparer à un nouveau chapitre mouvementé sur la question de l’unité du pays”, conclut-il.