Au lendemain de l’annonce de Donald Trump par laquelle il excluait de nouvelles frappes contre l’Iran avant les élections américaines du 3 novembre, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a posé, vendredi 9 octobre, ses conditions à la reprise des négociations avec Washington.
« Le dialogue n’a de sens et n’a une chance de réussir que s’il repose sur le respect mutuel et des engagements réciproques, et s’il est exempt de toute pression et de toute menace », a-t-il déclaré lors d’un sommet régional au Turkménistan, dénonçant également les conséquences des sanctions américaines sur le commerce et l’énergie.
Le président russe Vladimir Poutine, qui l’a rencontré jeudi en marge de ce sommet, a proposé son aide pour mettre fin au conflit. « Nous sommes prêts à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour contribuer au règlement de cette situation », a-t-il déclaré, estimant que Téhéran faisait de « véritables efforts » en ce sens.
Donald Trump avait assuré jeudi mener des « discussions productives » avec Téhéran, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. Cette annonce avait suivi des informations de presse sur de possibles frappes américaines, qui avaient fait bondir les cours du pétrole. Plus de sept mois après le déclenchement de la guerre par des frappes israélo-américaines contre l’Iran, les deux pays continuent de s’opposer sur le détroit d’Ormuz, malgré un cessez-le-feu conclu en avril et un protocole d’accord signé en juin.
Washington maintient la pression sur Téhéran
Fin septembre, Téhéran avait proposé de rouvrir sous sept jours ce passage stratégique pour les exportations pétrolières, en échange notamment d’une levée des sanctions américaines. Donald Trump a rejeté cette offre, sans exclure la poursuite des discussions. Dans le même temps, Washington a renforcé sa guerre économique contre Téhéran, imposant de nouvelles sanctions contre son secteur aérien.
Sur le terrain, une accalmie a été observée ces dernières semaines : les États-Unis n’ont pas frappé l’Iran depuis le 1er septembre, même si des navires sont régulièrement pris pour cible dans le détroit d’Ormuz. Un pétrolier a encore été touché mercredi par plusieurs projectiles au large du Qatar, selon l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO. La perturbation du trafic pétrolier alimente la hausse des prix des carburants aux États-Unis, devenue un enjeu des élections de novembre.