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Trois Saoudiens tués dans les frappes houthistes de jeudi à l’aéroport de Riyad

L’aéroport de Riyad a demandé aux passagers devant s’y rendre de vérifier auprès de leur compagnie que leur vol n’était pas annulé. Washington a par ailleurs demandé à ses citoyens une « vigilance accrue » après les attaques.

Trois Saoudiens tués dans les frappes houthistes de jeudi à l’aéroport de Riyad
HaitiCreoleRadio.com

L’Arabie saoudite a annoncé, vendredi 9 octobre, la mort de trois de ses ressortissants, dont un pilote, dans les frappes de la veille contre l’aéroport de Riyad. Celles-ci avaient été revendiquées par les rebelles houthistes du Yémen.

Les hostilités entre ces combattants pro-iraniens et l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite, se sont intensifiées en septembre après la prise par les houthistes du littoral bordant la mer Rouge à l’issue d’une offensive éclair.

Dans un communiqué, l’autorité de l’aviation civile a déclaré que l’aéroport avait été la cible de « deux attaques : la première a visé les installations aéroportuaires, tandis que la seconde a ciblé un avion appartenant à la compagnie Saudia ». Elle a ajouté que « trois citoyens saoudiens » avaient péri dans ces attaques et que plusieurs personnes, de différentes nationalités, avaient été blessées. La compagnie nationale Saudia Airlines a annoncé qu’un de ses pilotes avait été tué et un de ses avions endommagé jeudi, évoquant un « incident ».

En tout, six personnes ont été tuées en l’espace de quelques jours dans des frappes revendiquées par les houthistes contre des aéroports saoudiens.

« Chantage militaire »

Face à l’ampleur et à la fréquence des attaques houthistes sur la capitale saoudienne, inédites depuis la reprise des hostilités en juillet, Riyad ne cédera pas au « chantage militaire » des combattants pro-iraniens, a affirmé à l’Agence France-Presse une source régionale au fait de la politique du gouvernement saoudien. L’Arabie saoudite « exclut une trêve ou un cessez-le-feu », et ce tant que les forces gouvernementales yéménites, qu’elle soutient, n’auront pas récupéré les territoires dont se sont emparés récemment les houthistes, a prévenu cette source sous couvert d’anonymat.

Pour la seule journée de jeudi, les houthistes ont revendiqué trois frappes sur l’aéroport de Riyad. Les hostilités entre les combattants pro-iraniens, qui contrôlent la capitale yéménite, Sanaa, et de vastes pans du pays depuis plus d’une décennie, et le gouvernement ont repris en juillet après des années d’accalmie.

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Depuis, les combattants pro-iraniens bombardent régulièrement des installations pétrolières du royaume saoudien, premier exportateur mondial de brut, et ont appelé jeudi le personnel de ces sites à partir. Ils ont également de nouveau exhorté les compagnies aériennes à éviter le ciel saoudien.

L’aéroport de Riyad a demandé aux passagers devant s’y rendre de vérifier auprès de leur compagnie que leur vol n’était pas annulé, et Washington a demandé à ses citoyens une « vigilance accrue » après les attaques.

De fortes explosions ont été entendues jeudi jusqu’au cœur de la capitale, poussant des diplomates à se mettre en lieu sûr dans le quartier des ambassades, et amenant des entreprises à évacuer leur personnel dans le quartier d’affaires. Des écoles internationales ont aussi pris des précautions, selon les témoignages d’habitants, les enfants se réfugiant dans certains cas au sous-sol par mesure de sécurité.

Plus de 400 morts au Yémen depuis lundi

Parallèlement aux frappes en Arabie saoudite, les combats se poursuivent au Yémen, avec plus de 400 morts depuis le lancement, lundi, de l’opération « Aube du Yémen » par les forces gouvernementales, avec l’appui des avions de combat de Riyad.

L’objectif est de faire reculer les houthistes, qui ont renforcé, au terme de leur offensive de septembre, leur emprise sur le stratégique détroit de Bab Al-Mandab, reliant l’Asie à l’Europe via le canal de Suez.

Le gouvernement a revendiqué des « victoires sur plusieurs fronts », démenties par les houthistes. Des sources militaires des deux bords ne font pas état d’évolutions majeures sur les lignes de front.

La reprise des hostilités a causé plus de 200 000 déplacés au Yémen, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), qui s’est alarmée mercredi du manque de financements nécessaires pour faire face à cette nouvelle crise humanitaire dans le pays le plus pauvre de la péninsule Arabique.

Riyad et ses alliés ont réclamé à plusieurs reprises un soutien international au cours des dernières semaines, notamment des Etats-Unis, sans succès jusqu’à présent.

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Le Monde avec AFP

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