C’était l’angle mort de l’affaire de Bétharram et il pourrait le rester. Hors de France, combien sont-elles, les victimes africaines, sud-américaines, asiatiques toujours murées dans le silence et la honte ?
Le rapport de la commission d’enquête indépendante sur les violences commises dans l’établissement privé catholique Notre-Dame-de-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), rendu public samedi 20 juin, n’est pas parvenu à lever le voile sur ce pan majeur du « système bétharramite ». Le document de 300 pages démonte les mécanismes ayant mené à des décennies de violences – sexuelles, physiques et psychologiques – perpétrées en toute impunité. Alors que la congrégation du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram a été présente, depuis sa création au XIXe siècle, dans 14 pays, il bute toujours sur le volet international.
Après douze mois d’investigations, les conclusions du rapport, confié à l’Institut francophone pour la justice et la démocratie (ou Institut Louis-Joinet), une organisation bayonnaise spécialisée dans la justice transitionnelle, sont sur ce point assez maigres. Seules « huit agressions sexuelles » et une plainte ont été signalées en Côte d’Ivoire. Toutes visent Benat Segur, ancien directeur de Bétharram (1983-1988), mort en 2010. Le prêtre, qui fait l’objet de 13 plaintes en France, a commencé sa carrière de missionnaire en Afrique.
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