La pression monte sur le parti d’extrême droite allemand Alternative für Deutschland (AfD), qui a reconnu officiellement, mardi 20 octobre, une fuite massive de ses données, après le piratage d’un de ses prestataires informatiques. Une archive contenant plus de 420 000 courriels et des dizaines de milliers de documents, dont des extraits de comptes, remontant aux origines du parti en 2013, soit près de 300 gigaoctets de données, a été mise en circulation sur Internet par un groupe anonyme. Le corpus est depuis décortiqué par les médias allemands et internationaux, qui ont publié plusieurs enquêtes vendredi 23 octobre.
La première interrogation concernait l’authenticité des documents. Plusieurs médias, comme le magazine Der Spiegel, les quotidiens Taz et Süddeutsche Zeitung, les chaînes publiques NDR et ZDF, ou encore Die Welt et Handelsblatt, affirment avoir pu confirmer leur véracité, au moins partiellement, certains en collaboration avec le réseau OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project), un regroupement international de journalistes d’investigation.
L’analyse des documents apporte des éléments inédits, et potentiellement explosifs, sur le fonctionnement interne du parti, sur les procédures d’exclusions de membres qu’il a menées, mais aussi les réseaux internationaux avec lesquels il entretient des liens. C’est une crise grave pour la formation actuellement en tête des intentions de vote outre-Rhin.
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