[Cet article est à retrouver dans notre hors-série Géopolitique : l’arme de l’économie, en vente à partir du 30 septembre chez votre marchand de journaux et sur notre site.]

Quand Marco Rubio a suggéré que le monde parte en quête de nouvelles routes maritimes pour contourner le blocage du détroit d’Ormuz, [le secrétaire d’État des États-Unis] n’avait probablement pas en tête la route maritime du Nord-Est. Les perspectives qu’offre cette voie de 5 500 kilomètres, ouverte en fendant la banquise par des brise-glace à propulsion nucléaire et éclairée par le soleil de minuit, se sont affermies ces derniers mois.

Le Japon, la Corée [du Sud] et l’Inde ont exprimé leur souhait que des cargos empruntent cette route maritime du Nord-Est [un premier porte-conteneurs sud-coréen a commencé le 22 août une traversée test vers l’Europe]. Mais c’est la Chine qui, la première, a instauré une liaison régulière, avec la compagnie maritime Sea Legend [pour un premier départ le 15 août].

La route maritime du Nord-Est [également appelée “passage du Nord-Est”], qui franchit le cercle arctique le long de la côte septentrionale russe, n’est navigable que pendant les mois d’été, mais cette fenêtre s’agrandit avec le rétrécissement de la banquise estivale. Pour certains navires, cet itinéraire réduit large