La Scandinavie fait rêver les Allemands, mais s’y installer n’est pas si simple. Dans Die Welt, une enseignante, Wiebke Jahn, partie en Laponie suédoise en 2021, salue un rapport au travail plus détendu, avec de nombreuses pauses, et une place importante laissée à la famille, mais elle évoque aussi les salaires modestes et des codes sociaux opaques, sans parler des deux cents jours de froid qui marquent chaque année, avec des températures pouvant descendre jusqu’à −40 °C. Elle déplore des salaires deux fois moins élevés qu’en Allemagne pour les professeurs, alors que le coût de la vie est très élevé dans le pays. “En Suède, on gagne bien sa vie si l’on est indépendant ou si l’on travaille pour une entreprise privée prospère. Ikea, par exemple, est un employeur très prisé”, explique-t-elle.
D’un autre côté, le modèle suédois, avec la gratuité de l’enseignement et d’activités culturelles variées pour les enfants, et un penchant général pour la simplicité – si ce n’est pour la frugalité –, équilibre la balance. Wiebke Jahn, met principalement en garde ses compatriotes contre l’idéalisation, assez fréquente, de la Suède, alors qu’il s’agit d’“un pays tout à fait normal, avec des problèmes tout à fait normaux, les mêmes que ceux des autres pays européens”. “Prenons la politique et le système de santé comme exemples : à un moment donné, l’image idéale que l’on se faisait se heurte à la réalité”, précise-t-elle.
La Norvège, autre “destination de rêve pour de nombreux Allemands, principalement en raison de ses paysages naturels spectaculaires”, voient aussi des expatriés s’installer avec des idées fausses. Ils ne voient que sa stabilité politique et la vie agréable qu’elle procure aux familles. Mais l’Augsburger Allgemeine rappelle que la Norvège, qui ne fait pas partie de l’Union européenne mais est membre de l’Espace économique européen, exige des candidats à l’expatriation qu’ils aient un emploi ou soient en train d’en chercher un, qu’ils disposent d’un certain niveau d’études ou de ressources suffisantes (22 530 euros de revenus par an pour les inactifs) pour des séjours de plus de trois mois.
La Norvège, qui arrive souvent en tête des classements sur les meilleures destinations du monde, comme la Suède, va continuer à attirer des étrangers. Mais le rêve ne doit pas empêcher de se préparer.
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