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En Australie, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans a peu d’impact, selon une première étude

Peu de changements ont été observés chez les utilisateurs âgés de 12-13 ans, tandis qu’une légère baisse a été constatée chez les 14-15 ans, selon une équipe de chercheurs ayant sondé plus de 400 jeunes.

En Australie, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans a peu d’impact, selon une première étude
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L’heure est déjà au bilan provisoire en Australie, six mois après l’entrée en vigueur, le 10 décembre 2025, d’une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Selon des chercheurs, qui ont rendu, jeudi 25 juin, l’une des premières évaluations de ces mesures pionnières à l’échelle mondiale, elle n’a eu que peu d’impact sur les habitudes de navigation des adolescents.

Il n’y a pas « suffisamment de preuves » suggérant que les adolescents se sont détournés des plateformes comme Facebook, Instagram et TikTok, à la suite de cette campagne de répression visant à protéger les enfants contre le harcèlement en ligne et les « algorithmes prédateurs », selon une équipe de chercheurs établis en Australie, dans une étude évaluée par des pairs et publiée par le British Medical Journal (BMJ).

« Nous n’avons pas trouvé suffisamment de preuves pour conclure que l’application de cette loi ait eu des effets substantiels à court terme sur l’utilisation des réseaux sociaux chez les adolescents de moins de 16 ans », ont-ils écrit. Ils ont interrogé plus de 400 jeunes utilisateurs de réseaux sociaux juste avant l’entrée en vigueur des restrictions, puis à nouveau trois mois plus tard.

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« Respect incomplet » et « contournement »

Peu de changements ont été observés chez les utilisateurs âgés de 12 à 13 ans, tandis qu’une légère baisse a été constatée chez les 14-15 ans. En revanche, une augmentation de l’utilisation a été relevée chez les 16 ans et plus, que la limite d’âge ne concerne plus.

Les utilisateurs mineurs contournaient les restrictions en utilisant des comptes enregistrés au nom de personnes plus âgées, en créant de faux comptes ou en se connectant avec des navigateurs privés. « Les résultats suggèrent que la période qui a suivi immédiatement l’entrée en vigueur de la loi a été marquée par une mise en œuvre limitée, un respect incomplet et un contournement important des restrictions relatives aux réseaux sociaux », selon l’étude.

Les entreprises technologiques s’exposent à des amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens (soit plus de 30 millions d’euros) si elles ne démontrent pas qu’elles déploient des efforts significatifs pour exclure les utilisateurs mineurs. En mars, le régulateur australien avait brandi la menace de sanctions envers TikTok, Instagram et YouTube, accusés d’enfreindre l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans dans le pays.

« La législation australienne en matière de réseaux sociaux, à la pointe au niveau mondial, n’est pas défaillante. Ce sont les géants de la tech qui ne respectent pas la loi », avait alors déclaré la ministre des Communications, Anika Wells, aux journalistes. « Rien de tout cela n’est même difficile pour les géants de la tech, qui sont des entreprises innovantes valant des milliards de dollars », avait-elle également affirmé.

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Des restrictions qui se propagent à l’international

De plus en plus d’études suggèrent qu’un temps excessif passé en ligne nuit au bien-être des adolescents, et l’interdiction australienne a été saluée comme une aubaine par des parents lassés de voir leurs enfants rivés à leur téléphone. La plupart des entreprises concernées se sont engagées à respecter la loi, mais ont averti qu’elles pourraient pousser les adolescents vers des plateformes moins réglementées et plus dangereuses.

Les plateformes sont seules responsables de vérifier que les utilisateurs domiciliés en Australie ont au moins 16 ans. Certaines disent utiliser des outils d’intelligence artificielle (IA) déterminant l’âge à partir de photos, et certains utilisateurs peuvent choisir de télécharger une pièce d’identité.

La question de savoir si la législation australienne pourrait servir de modèle pour freiner les géants de la tech, dont le pouvoir ne cesse de croître, suscite un vif intérêt à l’échelle mondiale. De nombreux pays ont adopté, d’autres envisagent actuellement des interdictions similaires, notamment le Royaume-Uni, la Malaisie, les Emirats arabes unis et la Nouvelle-Zélande.

En France, Emmanuel Macron, qui a fait de l’interdiction des réseaux aux moins de 15 ans un dossier personnel, affiche l’ambition de la rendre effective dès septembre.

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Le Monde avec AFP

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