Deux déclarations contradictoires sont venues se télescoper, samedi 20 juin. D’un côté de l’Atlantique, le vice-président des États-Unis J.D. Vance saluait auprès de la chaîne Fox News la réouverture du détroit d’Ormuz, dans le cadre du protocole d’accord de paix signé quelques jours plus tôt avec l’Iran. De l’autre, au même moment ou presque, Téhéran annonçait un nouveau blocage de cette voie navigable stratégique du Golfe. “Le commandement militaire iranien a déclaré que le détroit était fermé au trafic maritime et appelé les navires à ne pas s’en approcher, rapporte The New York Times. Le communiqué relayé par les médias d’État accuse les États-Unis d’une violation manifeste de leur engagement à mettre en œuvre l’accord préliminaire de fin de guerre.”
En cause : les attaques israéliennes menées samedi contre le Hezbollah au Liban en dépit de la conclusion d’un cessez-le-feu la veille. Or, le premier point de l’accord-cadre conclu entre Washington et Téhéran, dont les détails doivent encore être peaufinés, prévoit un arrêt des hostilités sur tous les fronts, y compris au pays du Cèdre. “L’Iran met ainsi la pression pour que Washington force Tel Aviv à mettre en œuvre ce premier point”, analyse la chaîne qatarie Al-Jazeera.
Dernière poussée israélienne ?
Samedi, des dizaines de frappes israéliennes ont visé le Sud-Liban. D’après L’Orient-Le Jour, à Beyrouth, plus de 38 personnes ont perdu la vie entre minuit et 15 heures. “C’est un bilan provisoire, sachant que les opérations de secours se poursuivent”, précise le quotidien francophone. Au total, plus de 4 000 personnes sont mortes depuis le début du conflit en mars, selon des chiffres publiés samedi par le ministère de la Santé libanais.
“Il semblerait qu’Israël souhaite maximiser ses positions avant de devoir négocier directement avec le gouvernement libanais, avance Al-Jazeera. Si l’administration Trump finit par leur tordre le bras, les Israéliens veulent pouvoir marchander des territoires : se retirer de certains, en conserver d’autres.”
En réaction au coup de pression iranien, l’armée américaine a souligné que 55 navires commerciaux avaient franchi le détroit d’Ormuz samedi. “Le transit est resté sûr aujourd’hui”, a défendu le Commandement central dans un communiqué.
Délégation iranienne en route pour la Suisse
Pendant ce temps, dans la station suisse de Bürgenstock, où les délégations américaine et iranienne doivent se retrouver pour des discussions cruciales, “le ballet diplomatique s’intensifiait” ces dernières heures, selon un correspondant d’Al-Jazeera présent sur place. Des discussions “techniques” sont prévues dimanche, en présence de représentants des pays médiateurs, le Qatar et le Pakistan. “Le protocole d’accord conclu cette semaine par Téhéran et Washington prévoit le lancement de tractations d’une durée de 60 jours en vue de parvenir à un accord final”, indique L’Orient-Le Jour. Ces négociations “seront centrées sur le programme nucléaire iranien”.
En marge de l’annonce de la fermeture du détroit, Téhéran a confirmé le départ de son équipe de négociation pour la Confédération helvétique. “Nous comptons faire pression sur l’autre partie pour qu’elle respecte ses engagements”, a justifié un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. J.D. Vance avait de son côté laissé entendre sur Fox News qu’il pourrait se rendre en Suisse “dans les deux prochains jours”. “Mais attention, glisse Al-Jazeera, il devait arriver vendredi pour de premières discussions, finalement annulées. Un grand flou entoure encore les efforts diplomatiques pour mettre un terme à la guerre.”
À peine né, l’accord entre les États-Unis et l’Iran est déjà menacé
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