En direct Vendredi 23 Octobre 2026
Culture

Haïti — Les soldats salvadoriens atterrissent avant l’aube, Fils-Aimé s’envole à la nuit tombée : qui gouverne encore ce pays ?

Jeudi, avant les premières lueurs du jour, des militaires salvadoriens ont atterri à Port-au-Prince ; quelques heures plus tard, à la faveur de l’obscurité, le Premier ministre de doublure Alix Didier Fils-Aimé a quitté le territoire national à destination de Washington. Deux mouvements aé

Haïti — Les soldats salvadoriens atterrissent avant l’aube, Fils-Aimé s’envole à la nuit tombée : qui gouverne encore ce pays ?
HaitiCreoleRadio.com

23 octobre 2026
Haïti — Les soldats salvadoriens atterrissent avant l’aube, Fils-Aimé s’envole à la nuit tombée : qui gouverne encore ce pays ?
Actualités Opinions Politique

Haïti — Les soldats salvadoriens atterrissent avant l’aube, Fils-Aimé s’envole à la nuit tombée : qui gouverne encore ce pays ?

  • by Rezo Nodwes
  • 23 octobre 2026
  • 0 Comments

Jeudi, avant les premières lueurs du jour, des militaires salvadoriens ont atterri à Port-au-Prince ; quelques heures plus tard, à la faveur de l’obscurité, le Premier ministre de doublure Alix Didier Fils-Aimé a quitté le territoire national à destination de Washington. Deux mouvements aériens, deux trajectoires opposées et une même interrogation institutionnelle : qui assume effectivement la responsabilité de la sécurité nationale ? Tandis que des soldats étrangers viennent participer aux opérations contre les organisations criminelles, le chef du gouvernement reprend le chemin de la capitale américaine, moins d’une semaine après son précédent déplacement diplomatique.

Res publica, res populi : les affaires de l’État appartiennent au peuple. Pourquoi, dès lors, cette diplomatie des départs nocturnes, privée d’explications publiques préalables ?

Un avion venu de l’étranger a attendu le Premier ministre sur le tarmac de l’aéroport international Toussaint-Louverture, avant de repartir jeudi soir, peu avant minuit, à destination de Washington. Mais quelle urgence diplomatique justifie cette nouvelle traversée ? Quel interlocuteur américain a accepté de le recevoir ? Le secrétaire d’État Marco Rubio, mobilisé par un calendrier politique chargé à l’approche des élections de mi-mandat, lui a-t-il accordé une audience ? Et quelle est l’utilité d’une nouvelle rencontre avec le secrétaire général de l’Organisation des États américains, Albert Ramdin, rencontré moins d’une semaine auparavant ? En l’absence d’agenda officiel rendu public, le déplacement demeure politiquement énigmatique. 

Quo vadis ? Où va donc un pouvoir qui paraît mieux maîtriser les horaires de ses avions que le calendrier de ses obligations constitutionnelles ?

La discrétion diplomatique devient plus préoccupante encore lorsqu’elle rencontre l’opacité financière. Des révélations journalistiques concernant des contrats d’équipements destinés à la Police nationale d’Haïti, notamment des montants avoisinant sept millions de dollars, appellent des vérifications comptables, contractuelles et judiciaires. Les dépenses de représentation et les opérations de lobbying évoquées dans d’autres dossiers exigent également un examen contradictoire.

Pecunia publica, ratio publica : l’utilisation des deniers publics exige une reddition de comptes. Pourquoi les autorités multiplient-elles les déplacements internationaux sans publier systématiquement leur objet, leur financement, la composition des délégations et les résultats obtenus ? Le silence administratif ne constitue certes pas une preuve de malversation, mais il ne saurait davantage tenir lieu de justification.

Voilà Haïti : des militaires étrangers arrivent pour combattre des gangs que l’État n’a pas neutralisés, tandis que le chef du gouvernement s’envole vers Washington sans avoir préalablement exposé les motifs de son voyage.Les soldats salvadoriens viennent affronter les périls du terrain ; les autorités haïtiennes doivent, elles, répondre aux exigences de transparence et de responsabilité. Quis custodiet ipsos custodes ? Qui contrôle ceux auxquels la République confie sa protection ? 

La souveraineté d’une République ne se négocie pas au gré des escales diplomatiques ni dans l’antichambre des puissances étrangères. Elle s’exerce d’abord par le respect des institutions et l’obligation de rendre compte à la nation. Mais quelle étrange République que celle où des soldats étrangers atterrissent sans annonce officielle, où le Premier ministre s’envole sans explication et où le peuple découvre, après coup, les décisions prises en son nom ! À Port-au-Prince, les gangs imposent leur loi ; à Washington, les dirigeants recherchent des audiences ; et entre les deux, tout un peuple attend toujours de savoir qui gouverne réellement Haïti.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Article précédent Le FAES poursuit ses opérations d’approvisionnement alimenta… Article suivant EN DIRECT, guerre en Ukraine : l’armée ukrainienne dit qu’el…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !