Près d’un siècle plus tard, la tapisserie de Bayeux est de retour dans le pays qui l’aurait vue naître. Dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 juillet, l’œuvre brodée a traversé la Manche et rejoint le British Museum de Londres, où elle sera exposée durant une année. Ce transport, qui a eu lieu dans une caisse climatisée et antivibrations, contraste “avec les périlleux voyages que le tapis a effectués au cours des siècles précédents”, écrit De Standaard.

À l’occasion de ce prêt fait par la France au Royaume-Uni, le quotidien belge revient sur l’histoire de cette fresque de tissu d’environ 70 mètres de large et 50 centimètres de haut, qui a miraculeusement “survécu aux turbulences de l’histoire”. La tapisserie de Bayeux pourrait en effet être qualifiée de “chat à neuf vies”, écrit la journaliste Veerle Vanden Bosch, en se fondant sur le livre de l’historienne Carola Hickx The Bayeux Tapestry. The Life Story of a Masterpiece (“La Tapisserie de Bayeux. Histoire d’un chef-d’œuvre”, 2006, inédit en français).

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Son passage au Royaume-Uni – conséquence de la volonté d’Emmanuel Macron de resserrer les liens avec Londres après le Brexit – est un “exemple controversé de diplomatie culturelle”. Mais la tapisserie “y est habituée”, constate De Standaard, puisqu’elle avait “dès l’origine un objectif politique”. Elle montre notamment l’invasion normande de l’Angleterre et la bataille de Hastings, d’une manière “tout sauf impartiale”. “De la pure propagande”, résume le titre néerlandophone.

Concernant l’origine de cette tapisserie réalisée entre 1066 et 1083, le flou persiste. Elle aurait été conçue par un moine et réalisée à Canterbury, peut-être par des religieuses. Son arrivée à Bayeux, dans le Calvados, reste, là aussi, un “mystère”. Elle a été conservée dans la cathédrale de la ville durant plusieurs siècles, menant “une existence discrète : chaque année, elle restait accrochée neuf jours dans l’église, puis elle était à nouveau rangée”. Sa première mention dans un inventaire remonte à 1476.

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