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Lavinia Fontana, première peintre érotique de la Renaissance

Depuis quelques années, les œuvres attribuées à cette peintre de la Renaissance se multiplient, et elles montrent au moins deux choses. La première, c’est que Lavinia Fontana fut la première femme à peindre des nus féminins. La seconde, c’est qu’elle fut également la première à réa

Lavinia Fontana, première peintre érotique de la Renaissance
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Art. Lavinia Fontana, première peintre érotique de la Renaissance

“Audacieuses”, “provocatrices”, “licencieuses” : les toiles de Lavinia Fontana collectionnent les épithètes qui donnent envie d’en voir et d’en savoir plus.

Les œuvres qui lui sont attribuées se multiplient depuis quelques années. Celles-ci “montrent non seulement qu’elle est la première femme à avoir peint des nus féminins mais aussi la première à avoir peint des œuvres érotiques, et dont les sujets étaient souvent plus audacieux que ceux de ses contemporains masculins”, s’enthousiasme le site de la BBC.

Alors que le Musée national d’Oslo met à l’honneur une partie de son travail dans le cadre d’une exposition consacrée aux femmes peintres, la presse étrangère raconte le destin de cette artiste italienne de la Renaissance considérée comme la toute première femme peintre professionnelle.

“Ses toilessont les premiersexemples connusde nus peintspar une femmeà la Renaissance.”

Le quotidien britannique The Guardian

Née à Bologne en 1552, Lavinia est la fille de Prospero Fontana, lui-même peintre et assez en vogue chez les papes de l’époque.

Elle apprend donc à peindre dans l’atelier de son père et, très vite, s’impose comme portraitiste de l’élite bolonaise.

“Elle était très demandée comme portraitiste et a obtenu des commandes importantes pour plus d’une dizaine de retables, ce qui dément l’idée que les femmes étaient incapables d’obtenir des missions aussi illustres, et encore plus de les honorer”, souligne le site de la BBC.

“Avoir un parent peintre étaitpratiquement le seul moyenpour une fille d’apprendrecet art en Europe,car le système traditionneldes ateliers n’était ouvertqu’aux apprentis hommes.”

Le quotidien britannique The Guardian

“Ses portraits témoignent, à eux seuls, d’un talent magistral. Elle sait déceler ce qu’il y a d’unique en chaque être humain, ce qui les rend vivants sur la toile après toutes ces années”, s’enthousiasmait déjà The Guardian en 2023.

“Lavinia Fontana est tout simplement une merveilleuse observatrice des gens de son monde, qu’ils soient nus ou vêtus, astrologues ou artistes, jusqu’au nain qui accompagne les femmes dans La visite de la reine de Saba à Salomon”, soulignait le quotidien britannique.

Mais l’artiste est au moins aussi connue pour ses portraits que pour ses peintures érotiques.

“Sa première œuvre érotique connue est Vénus et Cupidon, peinte vers 1585-1590, note la BBC. Si les Vénus nues n’ont rien d’inhabituel dans la peinture, Lavinia Fontana en accroît la sensualité en la parant de bijoux, de voiles et de perles.”

Et puis il y a Mars et Vénus, peint autour de 1595.

“Le tableau constitueune descriptiontout à fait extraordinaired’une luxure débridée.Mars pelote les fessesde Vénus, l’entrejambepointée vers elle.”

Le site de la BBC

Lavinia Fontana y dépeint l’histoire d’amour entre la déesse du désir et le dieu de la guerre “avec une intimité impudique”, décrit le Guardian.

“Les deux personnages sont assis sur le bord d’un lit entouré de pourpre, Mars pose une main sur les fesses nues de Vénus. Elle se tourne pour lancer au spectateur un regard provocateur, complice de la promesse lascive de ce qui va suivre.”

Il était d’autant plus audacieux pour une femme de peindre ce genre de scène que Lavinia Fontana vivait à Bologne à l’époque de la Contre-Réforme, quand le cardinal Gabriele Paleotti, archevêque de la ville, brûlait d’étendre l’ardeur moralisatrice de l’Église catholique à la peinture, renchérit le site de la BBC.

Il y a encore le monumental Minerve s’habillant, considéré comme le premier nu féminin peint par une femme.

“La déesse nue semble avoir été surprise alors qu’elle s’apprête à enfiler un manteau finement brodé. Tenant délicatement le vêtement dans les mains, elle se retourne vers le spectateur avec un regard à la fois timide et suggestif”, décrit la BBC.

“Les nus de Lavinia Fontana étaient tellement inédits que les experts se demandent comment elle a pu avoir accès à des modèles, rappelle The Guardian. Une femme peintre c’était déjà rare dans les années 1550, une femme qui travaillait avec des modèles nus, c’était du jamais-vu.”

Ainsi que le rappelle Aoife Brady, conservatrice de l’art italien et espagnol à la Galerie nationale d’Irlande, citée par le quotidien britannique, “elle était la seule à avoir accès à un sujet en particulier : elle-même”.—

Éloïse Duval
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